Et si Cannes était devenue the place to be pour le cinéma d’animation ? L’an dernier déjà, Vice-Versa de Peter Docter et Le petit Prince de Mark Osborne avaient emballé la Croisette. Cette année, plusieurs beaux événements vont faire vibrer les fans. « DreamWorks et Disney ont donné le ton, explique Laurent Geissmann, collaborateur au magazine spécialisé AnimeLand, en faisant comprendre que l’animation dont le marché se développe de plus en plus a sa place dans un grand festival international. »

Deux grands moments

Produit sous l’égide du mythique studio japonais Ghibli, La tortue rouge de Michaël De Wit fait partager le périple muet d’un naufragé sur une île déserte. « La qualité du film comme le cachet Ghibli font de cette coproduction européenne une véritable aubaine permettant de promouvoir une animation prestigieuse et de qualité », insiste Laurent Geissmann. Même motif, même punition pour Ma vie de Courgette de Claude Barras présenté à la Quinzaine des Réalisateurs. Cette chronique d’un gamin dans un orphelinat est coécrite par Céline Sciamma (Bandes de filles). « Le fait que le film a une thématique sociale et qu’il a le nom d’une cinéaste connue au générique n’est certainement pas étranger à sa sélection », précise Laurent Geissmann.

Un deal gagnant-gagnant

Même l’ACID, section considérée comme plus pointue, s’est lancé dans l’animation avec en ouverture ce jeudi, La jeune fille sans mains de Sebastien Laudenbach, peint au pinceau d’après un conte des frères Grimm. « En fait il s’agit d’un deal gagnant-gagnant car les films d’animation gagnent leurs titres de noblesse à Cannes et le Festival s’ouvre souvent à des films plus adultes qui peineraient à connaître une telle notoriété sans lui. » Persepolis (2007) de Marjane Satrapi et Vincent Parronaud et Valse avec Bachir d’Ari Folman (2008) sont de bons exemples de cette tendance.

C’est la fête

D’autres firmes, Sony pour Angry Birds (sorti le 11 mai en France) et DreamWorks pour Trolls (qui n’est pas terminé) choisissent le festival pour des événements exceptionnels sans même montrer les films sur place. « Il s’agit de belles opérations de marketing qui valorisent leurs films en leur permettant de toucher un public international », dit Laurent Geissmann. Cette année, Justin Timberlake et Omar Sy font partie des « voix » venues faire l’article sur la Croisette l’un avec des lutins, l’autres avec des oiseaux énervés… Le seul grand absent de la fête en Jean Laguionie dont le très attendu Louise en hiver n’a été retenu dans aucune section sans qu’on sache pourquoi…