«Rosalie Blum»: Kyan Khojandi est «un bosseur, pas un glandeur»

REVELATION Le créateur de «Bref» démontre son talent de comédien dans l'excellente comédie de Julien Rappeneau, «Rosalie Blum»...

Caroline Vié

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Kyan Khojandi dans Rosalie Blum de Julien Rappeneau

Kyan Khojandi dans Rosalie Blum de Julien Rappeneau — SND

Et si Kyan Khojandi était un excellent acteur ? Sa prestation dans Rosalie Blum, premier film de Julien Rappeneau le donne à penser. Le co-créateur des séries Bref et Bloqués émeut dans la peau d’un solitaire qui change de vie en rencontrant une femme étrange incarnée par la toujours parfaite Noémie Lvovsky. Cette comédie rend justice à la bande dessinée de Camille Jourdy (éditions Actes Sud) dont elle retrouve la liberté de ton. Kyan Khojandi s’est confié à 20 Minutes avant de repartir sur la scène de L’Européen (Paris, 17e) où il joue Pulsions, son one-man-show qui sera bientôt en tournée.

Le cinéma, c’était une matière obligatoire pour vous ?

En fait, c’est ce que j’ai toujours voulu faire. J’ai grandi avec un rêve de cinéma. J’ai juste pensé longtemps que c’était impossible. Les opportunités sont venues petit à petit avec des films comme Lou, journal infime (Julien Neel, 2014) Casse-tête chinois (Cédric Klapisch, 2013) ou Rosalie Blum qui m’offre mon premier grand rôle.

Pourquoi impossible ?

Cela paraissait réservé aux gens qui ont des relations et des cheveux ! C’est pour cela que j’ai commencé à réaliser et à monter des sketches tout gamin avec ma petite caméra. Je viens d’une génération qui n’est pas passée par la case « court-métrage » ou par les écoles de cinéma, mais qui a mis tout de suite la main à la pâte.

Quand vous parlez de « génération », vous pensez à des gens comme Franck Gastambide ?

Exactement et aussi à Orelsan avec qui je bosse sur Bloqués. Nous sommes un petit nombre à avoir eu des parcours similaires, passant par la case web et le désir de faire des choses par nous-mêmes, sans attendre que quelqu’un nous produise. Même si je donne l’impression du contraire, je suis un bosseur pas un glandeur.

Quelle a été le plus difficile pour vous sur Rosalie Blum ?

Apprendre à faire confiance. J’ai le défaut des gens qui se sont faits seuls, celui d’avoir envie de tout contrôler. La qualité du scénario, tout en tendresse, et le talent de Julien Rappeneau m’ont permis de me laisser aller. J’ai découvert le plaisir de n’avoir qu’à jouer la comédie sans m’occuper du reste.

Cela vous est-il facile ?

Pas forcément, car je suis un grand traqueur et ça ne s’arrange pas en vieillissant. C’est bizarre de voir comme on prend conscience des choses en devenant adulte. Enfant, je n’avais pas peur de me produire avec mon violon ou de jouer dans un spectacle à l’école…

Comment voyez-vous l’avenir ?

Le plus dur, c’est de se renouveler car je m’ennuie vite. Dès que je sais faire quelque chose, cela cesse de m’intéresser. Là, je joue dans le nouveau film d’Albert Dupontel, Au revoir là-haut. Les tournages sont une école précieuse qui m’apprend à penser davantage visuellement sans avoir à passer par le dialogue. J’aimerais réaliser un long-métrage.

Ce sera une comédie ?

Je voudrais bien le savoir ! J’attends d’avoir l’idée d’une bonne histoire et je prends des cours de scénario notamment avec le script doctor John Truby. Je n’ai jamais cherché la drôlerie à tout prix. J’ai envie de faire partager des émotions que tout le monde a pu ressentir ce qui explique sans doute la diversité de mes fans.

 

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