Leonardo DiCaprio: «Plongés en pleine nature, nous ne pensions pas aux Oscars»

INTERVIEW Pour « 20 Minutes », l’acteur évoque sa performance exceptionnelle en trappeur égaré dans « The Revenant » d’Alejandro González Iñárritu…

Caroline Vié

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Alejandro González Iñárritu et Leonardo DiCaprio sur le tournage deThe Revenant

Alejandro González Iñárritu et Leonardo DiCaprio sur le tournage deThe Revenant — 20th Century Fox

Leonardo DiCaprio va-il enfin recevoir un Oscar ? Cité quatre fois depuis 1994, l’acteur est reparti bredouille à chaque reprise mais The Revenant devrait lui permettre d’obtenir la statuette. Alejandro González Iñárritu l’a poussé à se dépasser dans cette fresque d’une virtuosité ahurissante où le comédien incarne un trappeur des années 1820 tentant de survivre dans une nature impitoyable. Laissé pour mort par ses compagnons lorsqu’il est attaqué par un ours, cet homme n’a que son désir de vengeance après l’assassinat de son fils pour avancer. Une histoire intense pour laquelle Leonardo DiCaprio s’est donné à fond, ce qu’il raconte à 20 Minutes

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En quoi The Revenant est-il exceptionnel dans votre carrière ?

J’ai vraiment eu l’impression de tourner dans un film unique. Jamais je ne m’étais autant impliqué dans un tournage. Je ne cherche pas à me faire plaindre car je suis conscient qu’il existe des métiers plus durs que le mien mais je n’avais jamais rien vécu de semblable…

Même sur Titanic ?

Titanic (1997) était filmé dans un lieu unique et James Cameron contrôlait tout. Les seuls soucis que nous avions étaient d’ordre financier et mécanique : dépassement de budget et pannes de machineries ! Sur The Revenant, nous étions obligés de nous plier aux contraintes de la nature.

C’est vous qui l’avez choisi ?

Alejandro souhaitait que nous soyons submergés par la nature. Il a été très clair à ce sujet et je me suis laissé emporter par sa passion. C’est ce que je cherche chez un cinéaste : cet éclair dans les yeux qui montre qu’il est prêt à tout pour son film sans même pouvoir vous expliquer pourquoi.

Qu’est-ce qui a rendu ce tournage si difficile ?

Nous avons dû nous plier aux conditions météo lors de l’hiver 2015 l’un des plus chauds qu’on a vécus depuis des années. La neige fondait sous nos pieds. Alors nous sommes partis finir le film en Argentine et là, il faisait si froid que, parfois, nos paupières ne parvenaient plus à s’ouvrir et que les caméras gelaient.

Quels ont été les séquences les plus compliquées à filmer ?

Bizarrement, ce ne sont pas les plans de caméras complexes comme la séquence d’ouverture ou l’attaque de l’ours. Toutes ces scènes-là étaient réglées comme une montre suisse et je n’ai jamais été blessé. En revanche, j’ai beaucoup souffert pour des séquences en apparence plus simples, comme celles où j’évolue trempé dans la forêt.

Vous semblez particulièrement impliqué dans la promotion de ce film…

C’est vrai car il a vraiment été conçu comme une œuvre d’art, une fresque qui allie grand spectacle et cinéma d’auteur. J’espère que nous allons ouvrir la porte à plus de films de cette qualité, loin des recettes toutes faites. C’est ce qui me motive en tant qu’acteur et je suis certain que le public à, lui aussi, envie de nouveauté et de qualité.

L’Oscar a-t-il de l’importance pour vous ?

Je suis fier que nous ayons été cités dans de nombreuses catégories, mais quand nous étions plongés en pleine nature, nous ne pensions pas aux récompenses. Ce qui compte, c’est que le film restera pour toujours avec ce qu’il révèle de la fragilité et de la force humaine pour survivre face à la nature.