Jean-Michel Burel, l'enseignant de
Jean-Michel Burel, l'enseignant de - ©2015 B2Films-D8films

En cette période de sombre actualité, on a encore plus besoin de films positifs. C’est notamment pour cela que Mon maître d’école est promis à un bel avenir dans les salles. Sa genèse est déjà une belle histoire en soi : la réalisatrice, Emilie Thérond a décidé de filmer la dernière année d’exercice de son ancien instituteur, parce qu’il a profondément marqué son enfance. « J’ai su que je ne pouvais pas le laisser partir sans laisser une trace de tout ce qu’il m’a donné », explique-t-elle.

A lire aussi: «Mon maître d'école»: «Les enseignants sont des héros de la vie ordinaire»

Dès les premières images, on tombe sous le charme de Jean-Michel Burel, le maître de Saint Just-et-Vacquières (Gard), un village de 250 habitants. A la tête d’une classe à plusieurs niveaux depuis 40 ans, le temps n’a altéré ni sa passion, ni sa patience. « J’en suis à la deuxième génération d’élèves », raconte celui qui enseigne désormais aux enfants de ses anciens élèves. Une personnalité attachante qui n'est pas sans rappeler celle du maître d'école du documentaire de Nicolas Philibert Etre ou avoir.

Une pédagogie bienveillante

Il est passé maître pour résoudre les conflits entre les élèves. « On peut tuer des gens avec des mots », explique-t-il à un garçon qui insulte son camarade, en le désarmant aussitôt. Et à l’heure où l’Education nationale s’interroge sur la manière de réduire l’échec scolaire, Jean-Michel Burel a sa solution : redonner progressivement confiance en eux aux élèves qui sont prêts à décrocher, grâce à sa bienveillance et à ses encouragements. Un travail de longue haleine avec Jocris, que l’on voit s’épanouir au gré du film. « Il ne faut jamais porter de jugement définitif. Un enfant peut passer d’une situation d’échec à une situation de réussite », explique-t-il. On découvre aussi la fameuse boîte à questions des élèves qui permet à l’enseignant de leur apprendre plein de choses dans une ambiance détendue. Une manière d’enseigner aussi ludique qu’efficace.

Ce film est aussi une jolie illustration de l’école rurale, où des enseignants parviennent à faire sauter certaines barrières. Jean-Michel Burel n’hésite pas à faire sortir ses élèves de l’école dès qu’il en a l’occasion, à accueillir un de ses anciens élèves handicapés dans sa classe en dépit du règlement, à autoriser les élèves à venir à l’école en dehors des horaires officiels… « C’est pas très académique tout ça », commente-t-il avec le sourire dans le film.

La reconnaissance des anciens élèves

Un amour du métier qui font de l’instituteur un personnage marquant dans la vie de ses nombreux élèves. « Je lui dois beaucoup », témoigne l’un d’eux qui affirme avoir « fait des études grâce à lui ». « Je me suis tellement plu avec monsieur Burel que je suis devenue maîtresse », confie une autre. Lui reste modeste : « Si j’ai pu aider quelques gamins qui en avaient un peu plus besoin que les autres, j’en suis fier », concède-t-il tout juste.

A lire aussi : Rentrée scolaire : Les profs qui ont changé leur vie

Filmé dans un climat de confiance, Jean-Michel Burel n’essaye pas de dissimuler son émotion lors de cette dernière année d’exercice : « c’est la fin d’une passion, il faut l’accepter », confie-t-il. Il laisse même la caméra le filmer le dernier jour lorsqu’il se retrouve seul dans sa classe et pleure à chaudes larmes. Une émotion qui saisit aussi les spectateurs et qui donnera à certains d’eux l’envie d’épouser à leur tour le « plus beau métier du monde ».

*Le film est produit par François-Xavier Demaison, Amaury Fournial et Maud Leclair et distribué par The Walt Disney compagny France et Upside distribution.

Mots-clés :