Marius de Marcel Pagnol
Marius de Marcel Pagnol - Mission/Pathé

Marcel Pagnol a créé les personnages de Marius, Fanny et César au théâtre puis au cinéma au début des années 1930. La ressortie de cette célèbre trilogie dans des copies superbement restaurées va permettre à une nouvelle génération de redécouvrir ces petits bijoux du patrimoine culturel français.

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Mais qu’en pensent les Marseillais et les Provençaux ? 20 Minutes a posé la question à une poignée d’entre eux.

Un témoignage unique

« J’ai vu les films quand j’étais enfant, raconte Mado, 85 ans, et ils nous faisaient beaucoup rire parce qu’ils exagéraient un peu nos tics et autres défauts sans pour autant être méchants, ni caricaturaux. Je les ai montrés à mes enfants et à mes petits-enfants. Ils font partie de notre tradition familiale. » Le Marseille que montre Marcel Pagnol n’existe plus aujourd’hui, ce qui rend la trilogie passionnante pour des spectateurs plus jeunes. « Cela me rappelle ce que me racontaient mes grands-parents, explique Magali, 30 ans. J’ai l’impression d’assister à une leçon d’Histoire qui passe en douceur car les histoires, quoiqu’un peu datées, sont riches en émotions. »

Souvenirs d’enfance…

Eliane, souriante septuagénaire, a l’impression de revivre son enfance en parcourant le Vieux-Port avec Raimu et Pierre Fresnay. « J’ai connu ces quartiers animés, ces négociations à tue-tête sur les marchés et ces parties de pétanque passionnée. Ce Marseille-là n’existe plus : la télévision l’a tué car tout le monde a pris l’habitude de rester chez soi devant le petit écran au lieu de se retrouver à l’extérieur. » Eliane apprécie toutes les adaptations de ces belles histoires, comme celles de Daniel Auteuil en 2013, mais elle conserve une tendresse particulière pour celles des années 1930. « Marcel Pagnol était Marseillais. Il a su mieux que personne saisir l’âme de la ville et de ses habitants. »

Quelques réserves…

Si la projection de la trilogie sur le Vieux-Port, l’été dernier, démontre que l’œuvre est toujours aussi populaire à Marseille, certains habitants sont moins enthousiastes. « Ces films donnent une image négative de mes concitoyens, martèle Gérard, 59 ans. Depuis que je suis un petit garçon, j’entends dire que les Marseillais sont faignants et grande gueule qui est très exagéré. » Cette exagération amuse le public de génération en génération sans pour autant qu’il s’imagine que tous les natifs de Marseille sont aussi truculents que ceux de ces films à redécouvrir en salles.

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