Lola Doillon, fille du réalisateur Jacques Doillon, se fait un prénom avec Et toi, t'es sur qui ? Cette chronique sensible explore la carte du tendre en s'attachant au quotidien d'une poignée d'adolescents. « C'est l'âge où l'on vit beaucoup de premières fois, y compris sexuelles et sentimentales, explique la réalisatrice trentenaire. Les ados ont tout d'un coup beaucoup de responsabilités qui leur tombent sur le coin de la gueule. »
Deux copines résolues à perdre leur virginité avant les grandes vacances et leurs potes plus ou moins prêts à les tirer d'embarras deviennent vite attachants. La réalisatrice s'est entourée d'acteurs non professionnels et a adapté son scénario pour se plier à leur façon de parler. Ce qui explique le naturel des dialogues savoureux. « Le langage des adolescents évolue selon les époques, insiste Lola Doillon. Les modes et moyens de communication évoluent, mais les sentiments restent les mêmes. »
Une mise en scène discrète suit les jeunes, de l'atelier - où ils s'initient sans passion à la boucherie ou à la poissonnerie - à l'intimité d'un garage ou d'une chambre à coucher. Les chassés-croisés amoureux entre ces enfants du siècle sont filmés avec un naturel dénué de pudibonderie. Chacun pourra sans doute retrouver des bribes de sa jeunesse dans ce premier long métrage qui révèle une cinéaste très douée.