Avec «Le Président», le cinéaste iranien Mohsen Makhmalbaf fait un pied de nez à la dictature

CINEMA Ce film drôle et cruel est un petit bijou d'insolence signé par un cinéaste iranien en exil...

Caroline Vié

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Le président

Le président — Bac films

La dictature, le cinéaste iranien en exil Mohsen Makhmalbaf sait ce que c'est pour l'avoir vécue dès sa prime jeunesse. On ne s'étonnera donc pas que Le Président évoque quelques-uns des nombreux tyrans des pays arabes. Comme d'autres, celui du film est destitué par un coup d'état et contraint de se faire passer pour un musicien des rues afin d'échapper, avec son petit-fils, à la colère du peuple.

Du printemps arabe au Caucase

C'est dans le Caucase que le réalisateur de Kandahar (2001) a planté sa caméra pour réaliser ce conte résolument miltitant qui évoque à la fois la fuite du Shah d'Iran (dont Makhmalbaf fut un farouche opposant) et le Printemps arabe. «Je voulais éviter de faire un film didactique», dit le cinéaste. Le périple d'un vieillard qui passe du pouvoir absolu à la peur et la précarité alterne entre passages poétiques, constat tragique et virgules humoristiques pour célébrer l'accession douloureuse mais indispensable à la démocratie.

Un cinéma iranien plein de vitalité

Aujourd'hui installé en Angleterre et interdit de séjour en Iran où il serait emprisonné pour ses écrits jugés dissidents par le régime en place, Mohsen Makhmalbaf ne baisse pas les bras. Après Ashgar Farhradi qui a reçu un Oscar pour Une séparation ou Jafar Panahi qui vient de remporter l'Ours d'or à Berlin pour Taxi, il démontre que le cinéma iranien est en pleine forme. «Notre cinéma triomphera, martèle le réalisateur. Il survivra à la dictature». Un message d'espoir qu'on garde en tête en quittant cette œuvre généreuse.

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