J.K. Simmons dans Whiplash
J.K. Simmons dans Whiplash - Sony Pictures/Ad Vitam

Whiplash de Damien Chazelle est un choc de grande ampleur et le dernier gros coup de cœur de 20Minutes en 2014. Sur le papier, l'histoire n'est guère excitante. Un jeune batteur de jazz tombe sous la coupe d'un professeur qui va l'obliger à se dépasser avec des méthodes musclées. Sur l'écran, le film est une pure tuerie! La relation entre le maître (J.K. Simmons terrifiant) et de son élève (Miles Teller éblouissant) tourne au suspense haute tension sur fond de brimades et de dépassement de soi.

A la baguette

«Je ne crois pas qu'il soit indispensable de souffrir à ce point pour dominer son art et je sais de quoi je parle», déclare Chazelle qui signe ici un deuxième film récompensé des prix du jury et du public à Sundance et à Deauville. Avant de se lancer dans le cinéma, le jeune réalisateur franco-américain a étudié la batterie. «Whiplash est en partie autobiographique, martèle-t-il car mon professeur ne rigolait pas. J'ai des souvenirs traumatisants de cette période de ma vie que j'ai racontée dans le film». Les coups sont monnaie courante dans cet apprentissage mené à la baguette par un enseignant qui ferait presque passer l'instructeur de Full Metal Jacket (Stanley Kubrick, 1987) pour un tendre Bisounours.

Deux nouvelles stars sont nées

Whiplash doit beaucoup à ses comédiens. J.K. Simmons, vu en détenu nazi dans la série «Oz» porte le film avec une autorité et une violence faisant passer des frissons dans le dos. Face à lui, Miles Teller, l'un des héros de Divergente, apporte ce qu'il faut de fermeté dans sa fragilité pour lui tenir tête de façon crédible.

«Je pratique la batterie depuis quinze ans, déclare Teller. Je me suis donc senti à l'aise pour les scènes musicales ce qui m'a permis de me concentrer sur la psychologie de mon personnage». L'acteur joue lui-même sur les numéros de batterie, n'étant doublé que pour certains gros plans sur ses mains.

Diriger les acteurs avec douceur

«Il y a un fond de sadisme et de masochisme dans ces personnages, explique Chazelle. Ils se sont bien trouvés.» Pour sa part, le réalisateur préfère diriger ses acteurs avec douceur. «Je me souviens de mes années de batteur comme une période où je vivais dans la terreur ce qui finissait par torpiller mon plaisir de faire de la musique. Pas question  de faire vivre cela à qui que ce soit sur mes plateaux» dit-il.

L'angoisse est cependant omniprésente dans cette chronique puissante qui laisse au spectateur un goût de sang et de larmes en même temps que la certitude d'avoir découvert un grand réalisateur.

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