Un distributeur indépendant réclame une action du gouvernement contre les pirates

INTERNET Jean Labadie voudrait qu’Hadopi serve à identifier les sites illégaux pour les sanctionner...

B.C. avec AFP

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La ministre de la Culture Aurélie Filippetti le 11 juillet 2014 lors d'une visite à Rome

La ministre de la Culture Aurélie Filippetti le 11 juillet 2014 lors d'une visite à Rome — Andreas Solaro AFP

Le ton est alarmiste. Sans «la mise en place d’une action rapide» par le gouvernement pour combattre la piraterie, «nous assisterons bientôt au décès prématuré non seulement d’une industrie mais aussi d’une part de notre identité culturelle», écrit jeudi un des grands distributeurs indépendants de films.

Dans une lettre adressée à la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, et publiée dans Libération, Jean Labadie, président de la société Le Pacte dénonce «l’impunité dont jouissent les pirates», une impunité «totalement liée à l’inertie totale des pouvoirs publics».

Une politique de courte vue

«Dépénaliser le piratage et en faire cadeau aux électeurs sans que ça coûte un euro au futur gouvernement. Une stratégie à court terme qui oublie pertes d’emplois, de TVA, d’impôts sur les sociétés etc!», écrit encore Jean Labadie selon lequel «la piraterie a exécuté le marché vidéo et empêche également le marché de la VoD de démarrer».

Le producteur et distributeur regrette «l’absence de mesures concrètes» ou encore la volonté du gouvernement de «détruire» Hadopi, l’autorité chargée de lutter contre le téléchargement illégal qui doit fusionner avec le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

Hadopi en question

Hadopi coûte 7 millions d’euros par an, poursuit-il. «Soit on les économise en supprimant cette institution devenue inutile, soit on les emploie à identifier les sites illégaux pour les sanctionner financièrement ET pénalement», écrit le patron du Pacte.

Le distributeur souhaite confier cet organisme au Centre national du cinéma (CNC), «très motivé pour défendre le cinéma», plutôt qu’au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) dont le président «ne veut pas devenir le gendarme d’internet».

La pédagogie privilégiée par Filippetti

Dans un entretien fin juillet au magazine professionnel Le Film Français, la ministre de la Culture avait insisté sur le rôle «essentiel» de la pédagogie auprès des jeunes internautes en matière de protection des droits d’auteur, tout en affirmant vouloir «renforcer la lutte contre la contrefaçon commerciale» par des propositions en cours d’élaboration qui viendront «compléter la réponse graduée».

Aurélie Filippetti assurait encore travailler avec la Chancellerie «pour trouver les meilleurs moyens de lutter contre les sites qui font partie des fléaux d’internet».