Babe le cochon parlait, Mumble le manchot danse ! Dans Happy Feet, George Miller raconte l'histoire d'un as des claquettes sur la banquise. Incapable de chanter comme ses congénères, ce manchot empereur s'exprime avec ses pieds et apprend à faire respecter son don sur un territoire de plus en plus abîmé par les humains destructeurs.
« L'idée que la danse soit la façon dont le personnage fait passer ses sentiments m'a semblé novatrice », explique le chorégraphe Savion Glover. Ce disciple de l'acteur et danseur Gregory Hines fait évoluer les oiseaux en images de synthèse sur des tubes de Prince ou de Queen. Il y a aussi un peu du Moulin Rouge de Baz Luhrmann dans ce conte où la plupart des protagonistes s'expriment en chansons. Miller impressionne : les scènes subaquatiques sont vertigineuses, les ballets, drôles et gracieux. Et les prouesses visuelles sont tout aussi convaincantes : le cinéaste a tiré le meilleur parti des dernières techniques d'animation pour donner vie à ces manchots dont les mouvements ont été reproduits à partir de vrais danseurs.
Enfin, Happy Feet prend la forme d'une comédie musicale jubilatoire pour inviter à un questionnement sur l'avenir de la planète. Son message écologique est d'autant plus fort que le film regorge de personnages attachants. Le gourou à plumes prisonnier d'anneaux en plastique pris pour un ornement avant qu'ils l'étouffent est révélateur de la pollution qui menace les héros à plumes. Et les « anciens », préférant ignorer le danger plutôt que de changer leurs habitudes, rappellent le comportement de certains politiciens.
Caroline Vié