Un ballet sanglant autour de yakuzas en perte de repères

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Publié le 18 mai 2010.

Si Taleshi Kitano revient aux films de yakuzas, le genre qui l'a fait connaître avec Sonatine et Hana-Bi, Outrage ne ressemble à aucune de ses œuvres précédentes. Le réalisateur se délecte à regarder les hommes tomber dans un festival de scènes « gorissimes » autour de réglèmements de comptes entre yakuzas façon théorie des dominos.
Violences physique et verbale sont au centre de cette œuvre radicale qui agresse les spectateurs à coups de séquences chocs. Au milieu d'une bande de comédiens remarquables, Kitano ne s'est réservé qu'un petit rôle et s'amuse visiblement à révisiter les codes du polar. Les spectateurs qui attendent de voir une copie conforme de ses précédents opus seront peut-être déçus. Les amoureux de l'univers férocement drôle du cinéaste seront heureux de voir qu'il n'a rien perdu de son cynisme badin, ni de son goût pour la provocation.
Takeshi Kitano, dont la superbe exposition est toujours visible à la fondation Cartier à Paris, continue de s'imposer comme un artiste majeur capable de faire le guignol sur le petit écran (« Take­shi's Castle » sur W9) comme de se réinventer sur grand écran. Ce Japonais aux métamorphoses multiples est décidemment bourré de talent. à Cannes, C. V.

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