Le 62
e festival de Cannes a fermé ses portes hier soir.
20 Minutes dresse le palmarès de ses souvenirs.
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Humour
On s'est poilé cette année en compétition, grâce à Eric Cantonna dans Looking for Eric, de Ken Loach, où l'icône du foot sert de coach à un supporter de Manchester United, puis à André Dussollier en amant obsessionnel dans Les Herbes folles, d'Alain Resnais. Elia Suleiman, sur la situation des Palestiniens en Israël de 1948 à nos jours, et Quentin Tarantino, sur un groupe de chasseurs de nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, désamorcent la gravité de leur sujet par le rire, un burlesque à la Tati pour le premier, une farce à la Tex Avery pour le second. Et même les films de genre étaient amusants : Thirst, film de vampires de Park Chan-wook et Vengeance, le thriller de Johnny To, étaient truffés de clins d'oeil. En revanche, Lars von Trier a reconnu que l'humour d'Antichrist n'était pas volontaire.
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Du 7
e art et du cochon
Certes, des « hardeurs » ont remplacé Charlotte Gainsbourg et Willem Dafoe pour les gros plans de leurs accouplements, mais la comédienne se masturbe sans complexe dans Antichrist. Gaspar Noé pousse encore plus loin en montrant un coït filmé à l'intérieur du vagin de son héroïne dans Soudain le vide. A côté, les scènes d'amour entre garçons dans Visage, de Tsai Ming-liang, ou Nuits d'ivresse printanière, de Lou Ye, font très fleur bleue.
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Sang pour Sang
Face à Lars von Trier et à son héroïne qui s'autosectionne le clitoris, Brillante Mendoza n'a qu'un modeste tronçonnage de prostituée à lui opposer dans Kinatay. Jacques Audiard et son Prophète offrent en revanche une fort belle scène d'égorgement qui aurait mis en appétit le vampire du Thirst de Park Chan-wook. On n'oublie pas les scènes de scalp d'Inglorious Basterds et les accidents de voiture dans Etreintes brisées et Soudain le vide ou d'avion dans Les Herbes folles.
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Moments d'Histoire
Les grands conflits du XXe siècle étaient de sortie : la lutte entre les Juifs et les nazis traitée comme dans un western par Tarantino, une femme et son enfant étouffés par l'ascension de Mussolini dans Vincere de Marco Bellocchio, le conflit israélo-palestinien vu par une famille chez Suleiman, et le virus de la haine qui se propage dans un village à l'aube de la Première Guerre mondiale dans le Ruban blanc, de Michael Haneke.
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Cinéastes cinéphiles
Le fantôme de François Truffaut rôde dans Visage, via ses acteurs fétiches Jean-Pierre Léaud, Jeanne Moreau et Fanny Ardant. L'héroïne des Herbes folles s'appelle Mademoiselle Muir, presque comme chez Mankiewicz, Inglourious Basterds focalise son action dans une salle de cinéma et Etreintes brisées peut apparaître comme un autoportrait fantasmé de Pedro Almodóvar. W