CANNES - Quelques pistes avant la remise officielle de la Palme d'or...
Comme chaque année à Cannes, quelques heures avant le palmarès, on fait des pronostics. Qui, des 20 films présentés en compétition, obtiendra
la Palme d’or? Personne ne le sait, mais trois noms sont fréquemment cités: Michael
Haneke avec «Le Ruban Blanc», Pedro Almodovar avec
«Les Etreintes brisées» et Jacques Audiard pour
«Le Prophète». Et deux autres, Marco Bellochio avec
«Vincere» et
Elia Suleiman avec «Le Temps qu’il reste», restent à la corde.
Le poids du jury sur la Palme d'or
Sur
la Croisette, il a été murmuré que ce serait le «palmarès d’Isabelle Huppert», qui, dit-on, ne laisse pas beaucoup de place pour les avis de ses jurés.
Si c’est faux, l’élu pourrait être
Almodovar, qui a le mérite d’être unanimement applaudi sans être unanimement plébiscité. Il obtiendrait donc une Palme issue d’un compromis entre les jurés. Mais si la mainmise d’
Isabelle Huppert sur le jury est vraie, Haneke a de fortes chances d’obtenir la récompense suprême, étant un choix radical de la présidente du jury. Laquelle avait obtenu, en jouant le rôle principal dans «
La Pianiste» de ce même Haneke, un prix d’interprétation à Cannes en 2001. «Je la connais, c'est une femme intelligente, sérieuse,
a expliqué Haneke. Elle favorisera les films qu'elle aime. Les autres, en revanche…»
Meilleurs acteurs et actrices
Quant au film d’Audiard, il est certes très apprécié des journalistes français mais pas tant que ça de la presse internationale. Une chose est sûre, il sera au palmarès, mais peut-être pas pour la Palme d’or. Selon Dennis Lim, un critique du «New York Times», c’est plutôt le personnage principal d’Audiard, Tahar Rahim, qui pourrait remporter la Prix de la meilleure interprétation masculine. A 20minutes.fr, on préfèrerait la donner à l’acteur allemand Christoph Waltz, qui joue le chasseur de Juifs dans «Inglorious Basterds» de Quentin Tarantino. Sa performance est si fascinante qu’elle en devient flippante.
Pour la Prix de la meilleure interprétation féminine, il y a davantage de candidates crédibles. Giovanna Mezzogiorno, la mère de l’enfant illégitime de Mussolini dans le Marco Bellochio, ainsi que l’actrice Abbie Cornish, l’héroïne de «Bright Star» de Jane Campion. Si cela ne tenait qu’à nous, on donnerait cette palme à la jeune fille de 17 ans, Katie Jarvis, recrutée par petite annonce, qui joue Mia dans «Fish Tank», le film de la Britannique Andrea Arnold.
Prix spécial
Enfin, on est prêt à parier qu’Alain Resnais, 87 ans et toujours aussi imaginatif avec «Les Herbes folles», obtiendra un prix spécial au palmarès. De même, «Antichrist» de Lars Von Trier, bien que sifflé à l’issue de la projection, ne devrait pas repartir bredouille.
Alice Antheaume, à Cannes