De très, très longs films
«Un prophète» de Jacques Audiard: 2h30. «Inglorious Basterds» de Quentin Tarantino: 2h40 annoncées, finalement 2h25. «Le Ruban blanc» de Michael Haneke: 2h24. «Soudain le vide» de Gaspard Noé et «A l’Origine» de Xavier Giannoli font chacun 2h30. Sans oublier les 2h09 des «Etreintes brisées» de Pedro Almodovar, et les 2h08 de «Vincere» de Marco Bellochio.
Si, pour certains, la longueur sert le propos (l’apprentissage des codes de la prison par un jeune détenu dans le Audiard, la profondeur du malaise qui s’installe dans le village mis en scène par Haneke), pour d’autres, on ne voit toujours l’intérêt. En coulisses, on attribue cette longueur au fait que les films sélectionnés à Cannes sont montés dans l’urgence, et mixés parfois à la dernière minute. «On en arrive à se demander si le Festival n'est pas situé trop tôt dans l'année, ironise Thomas Sotinel dans «Le Monde». Peut-être suffirait-il qu'il ait lieu fin juin, début juillet, pour que les réalisateurs aient le temps de finir leurs films.»
Du sexe
On l’a déjà écrit ici, il y a eu beaucoup de scènes d’homosexualité masculine dans les films présentés à Cannes cette année. Mais aussi de sexe tout court. Dans «Antichrist» de Lars Von Trier, est filmée une scène de pénétration… très intime. Puis une séance de masturbation non moins trash du personnage joué par Charlotte Gainsbourg. Comme une réponse, Gaspard Noé montre à son tour, dans «Soudain le vide», une éjaculation en gros plan. La boîte de production du Lars Von Trier a d’ores et déjà annoncé qu’elle allait faire une version «catholique» du film pour les pays «prudes».
Du cinéma… dans le cinéma
Les films parlent eux-mêmes de… cinéma. Ainsi, dans «Les Herbes folles» d'Alain Resnais, Sabine Azéma s'appelle Madame Muir, du nom du personnage de Mankiewicz dans son film des années 50, «L'aventure de Madame Muir». De même, dans «Etreintes brisées», Pedro Almodovar met en scène un cinéaste qui tourne un film dans lequel joue Penelope Cruz, actrice d’un film dans le film. Une mise en abyme que l’on retrouve dans «Inglourious Basterds», de Tarantino, où une partie du film se tient dans un cinéma géré par une Française juive (Mélanie Laurent). «Le cinéma en soi est ici une métaphore, du pouvoir du cinéma, dit Quentin Tarantino. Ce n'est même pas une métaphore, c'est le pouvoir du cinéma qui met fin au pouvoir du IIIe Reich».
Plongée dans la deuxième guerre mondiale pour Tarantino, zoom sur la dictature de Mussolini dans «Vicere» de Bellochio, retour sur la création d’Israël pour le film d’Elia Suleiman, et mise en scène des origines du fascisme pour Michael Haneke… Cette année, l’Histoire a nourri les scénarios des films de la sélection officielle. Quasiment tous parlent d’oppression. Celle des nazis sur les juifs dans «Inglorious Basterds», celle de l’éducation protestante sur les enfants à la veille de