«Il n’y a que le cinéma qui compte ici, s’est félicité Quentin Tarantino. Il n’y a rien d’aussi bien que Cannes pour un réalisateur, car c’est l’Olympe du cinéma. Toute une communauté de professionnels et de journalistes internationaux se réunit, voit les films en même temps, aime ou pas. Moi je ne fais pas des films pour un petit groupe, mais pour l’ensemble de planète. Or c’est ici, à Cannes, que l’on peut le mieux présenter les films à la planète entière.»
Au compteur des journalistes accrédités: environ une trentaine d’heures de films visionnés, en ce huitième jour de festival. Certains voient jusqu’à quatre films par jour, d’autres font du zapping (une heure de ce film-ci, une heure de ce film-là). Au final, on n’a jamais autant débattu du contenu des sélections. En clair, le festival de Cannes 2009, c’est l’émission «Le Masque et la plume» à chaque coin de rue.
Débat de critiques grandeur nature
Même lors du dîner organisé mardi soir par la chaîne Canal+ cinéma, les invités n’avaient qu’un sujet à la bouche (en plus d’un délicieux rouget): les pronostics, à ce jour, pour
Selon Vincent Perez, cette effervescence cinématographique est bienvenue car «le festival de Cannes est de toute façon fait pour parler de cinéma». «Et puis, ajoute l’acteur, tout ce beau monde de metteurs en scène, Almodovar, Audiard, Resnais, ça attire forcément.» Vincent Perez, qui a participé à plusieurs éditions du festival de Cannes avant celui-ci, garde surtout des souvenirs liés aux films. «“Cyrano de Bergerac” en 1990, c’était très très fort, un état de grâce absolu dans le public. En revanche, la projection de “Fanfan la tulipe” en 2003 a été un mauvais souvenir, d’autant qu’il avait cinq grosses rayures noires sur la dernière bobine. Mais le plus horrible, cela a été la conférence de presse juste après, car les journalistes ont été très durs. Ce n’était pas un film pour Cannes.» Comprendre: trop populaire pour plaire aux critiques, trop «intellos».
Clins d’oeil
Cette année, non seulement le monde du cinéma parle cinéma, mais les films aussi s’y mettent. Ainsi, Pedro Almodovar met en scène un cinéaste, dans «Etreintes brisées», lequel tourne un film dans lequel joue Penelope Cruz, actrice d’un film dans le film. Une mise en abyme que l’on retrouve dans «Inglourious Basterds», de Tarantino où une partie du film se joue dans un cinéma tenu par Mélanie Laurent, la Française qui (c'est dit dans le film) «respecte les réalisateurs», d’où qu’ils viennent.
Enfin, et comme si cela ne suffisait pas, les hôtels aussi jouent la carte cinéma. Quand l’hôtel Carlton se paie une page de pub, c’est pour proposer non pas un menu à XX euros, mais des chambres, hall, etc, aux cinéastes pour qu’ils tournent dans ce palace mythique de