Les fans de Pedro Almodóvar doivent se préparer à pleurer
à chaudes larmes. Etreintes brisées met les glandes lacrymales à contribution en faisant voyager le spectateur dans le temps. Dans le présent, un réalisateur aveugle (fantastique Lluis Homar !) survit à la mort de la femme de sa vie, avant de se voir contraint de repenser à elle par la visite d'un ancien assistant. Dans le passé, il vit une aventure passionnée avec cette starlette dont l'incroyable beauté compense le manque de talent d'actrice. Souligner les faiblesses humaines sur fond d'amours impossibles et d'hommage au septième art, voilà la gageure que parvient à relever le cinéaste madrilène entouré d'excellents comédiens.
Penélope Cruz, plus magique que jamais, prend des faux airs de stars des années 1950 dans ce poème signé par son mentor qui la dirige pour la quatrième fois. « J'ai un accord tacite avec tous les acteurs. Ils m'autorisent à les toucher au plus profond d'eux-mêmes, à les fouiller pour trouver une émotion », précise Almodóvar. Emotion, ce dernier mot régit cette oeuvre touchée par la grâce, qui réserve aussi son comptant de rires quand Almodóvar s'autoparodie le temps d'« un film dans le film ». L'édition de Cannes 2009 sera-t-elle enfin celle où le réalisateur pourra placer une Palme d'or sur sa cheminée ? « Je suis prêt à revenir dimanche », a-t-il déclaré à sa conférence de presse. Il n'aurait pas volé son trophée... W