Giovanna Mezzogiorno: «Le pouvoir, ça attire les femmes»

3 contributions
Publié le 19 mai 2009.

CANNES - L'actrice italienne Giovanna Mezzogiorno, 34 ans, est superbe et bouleversante dans «Vincere», de Marco Bellocchio. Et notre favorite pour le prix d'interprétation féminine.

La fille du comédien Vittorio Mezzogiorno a déjà remporté la Coupe Volpi (meilleure actrice) à la Mostra de Venise avec «La Bête dans le cœur», de Cristina Comencini. Cette fois, elle pourrait bien triompher à Cannes pour son interprétation superbe et bouleversante de la maîtresse abandonnée de Benito Mussolini, dans «Vincere», de Marco Bellocchio.

Vous connaissiez cette histoire de femme et de fils cachés de Mussolini?
Non, comme la plupart des Italiens d’ailleurs. Il existe peu de documents à part quelques photos, des témoignages, et les lettres d’Ida Desler. Mais deux livres sont parus et on sait aujourd’hui que ces faits sont avérés.

Jouer la femme d’un tyran, ça ne fait pas peur?
Il n’était pas encore le Mussolini qu’on connaît quand mon personnage l’a rencontré! Mais un homme intelligent, charismatique, ambitieux. Leur histoire débute comme une romance classique: bien des femmes auraient pu tomber amoureuse de lui.

Marco Bellocchio voit votre personnage comme une héroïne tragique, entre Antigone et Aïda. C’est ainsi que vous l’avez composé?
Non, il a juste insisté sur sa personnalité difficile et complexe de femme obstinée. De mon côté, j’ai surtout essayé d’éviter de donner d’elle l’image d’une folle.

Cette romance entre un homme de pouvoir et une jolie femme, ça résonne fort des deux côtés des Alpes…
En effet! Mais parce que beaucoup de femmes sont attirées par le pouvoir! Ça donne du charisme aux hommes, bien sûr, mais surtout une valeur, une position. Le risque après, c’est la trahison, l’abandon, la solitude… Il faut savoir le mesurer.

Vous étiez déjà sur la Croisette l’an dernier avec «Rendez-vous à Palerme», de Wim Wenders. Quel souvenir en gardez-vous?
Le film a été très mal reçu, mais monter les marches avec Wenders, c’est quand-même un honneur et une grande émotion.

Vous parlez parfaitement le français. N’auriez-vous pas envie de faire des films en France?
Si. J’ai pris beaucoup de plaisir à tourner dans «Au Secours j’ai trente ans», de Marie-Anne Chazel. Ou dans «Les Misérables», de Josée Dayan. Mais nos deux pays, la France et l’Italie, sont assez fermés l’un à l’autre. On sent qu’il n’y a pas d’estime particulière entre nos cinémas réciproques.

Recueilli par Stéphane Leblanc, à Cannes
Mélodrames politiques Les cinéastes italiens viennent souvent présenter à Cannes des portraits peu reluisants de leurs dirigeants. Avant «Vincere», de Marco Bellocchio, Paolo Sorrentino avait présenté l’an dernier «Il Divo», portrait du leader démocrate-chrétien Giulio Andreotti. Nanni Moretti l’avait précédé en 2006 avec «Le Caïman», satire au vitriol de Silvio Berlusconi.

Mots-clés
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr