«Pour les producteurs de cinéma, YouTube est une plate-forme de distribution gratuite et internationale»

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Publié le 19 mai 2009.

INTERVIEW - Pour Anthony Zameczkowski, responsable stratégique du développement de YouTube, la plate-forme de vidéos de Google, il est temps pour les producteurs de développer leur offre légale…

Que faites-vous à Cannes?

On est venus voir les producteurs de cinéma, pour leur expliquer que YouTube est une plate-forme de distribution internationale et gratuite pour leurs films.

Les producteurs n’ont pas l’air tous convaincus qu’il existe, en plus de la sortie en salle, en DVD et de la diffusion à la télé, une autre sortie possible: celle sur le Net…

C’est à nous de le leur expliquer. On est encore dans l’apprentissage... Certains le savent, comme Luc Besson. «Home», le film de Yann Arthus-Bertrand qu’il produit, sera diffusé le 5 juin à la fois sur YouTube, au cinéma, à la télé, et projeté au Champ de Mars, à Paris, et sur Times Square, à Londres. C’est la première fois, en Europe, qu’un film sort le même jour sur tous les supports et sera visible en intégralité et en qualité HD.

Luc Besson, en croisade anti-piratage en février dernier, a provoqué les moqueries des internautes. A-t-il changé d’avis sur la diffusion sur le Net?

C’était un malentendu. Le lancement de «Home» a été décidé avec Europa Corp, la boîte de production de Luc Besson, il y a un an, bien avant cette polémique. Besson s’en prenait aux sites de streaming illégaux, pas à l’offre légale. Une chose est sûre: il faut développer celle-ci pour combattre la piraterie. C’est comme cela que les ayant-droits peuvent reprendre le contrôle sur leurs contenus.

Le monde du cinéma reste très attaché à la chronologie des médias, une sortie en salle pour commencer, puis quatre mois plus tard, en DVD et VOD, puis à la télé. Quels sont vos arguments pour le convaincre de changer?

Notre principal argument, c’est l’audience de YouTube (ndlr: 350 millions de visiteurs uniques par mois dans le monde, 13 millions en France, ndlr). C’est là que les films peuvent être vus. On ne force personne, on a juste un rôle de facilitateur. Les producteurs vont-ils casser la chronologie des médias? Ce n’est pas à nous de décider pour eux.

Quels autres arguments pouvez-vous avancer?

Nous avons aussi montré aux producteurs nos outils de «reporting», qui analysent les données de connexion des internautes sur une vidéo donnée sur YouTube. Ainsi, ils peuvent savoir à quel moment les internautes ont décroché du film, et dans quel pays la vidéo accroche les internautes. Ce qui peut leur faciliter la tâche, quand il s’agit de vendre leur film à l’étranger.

Pourquoi ne pas essayer l’exclusivité?

Ce n’est pas notre modèle. Nous, c’est gratuit et non exclusif. On n’est pas comme Canal+ ou Orange à recruter des abonnés sur des opérations exclusives.

Certains ayant-droits se plaignent du manque de réactivité de YouTube pour retirer les contenus qu’ils ne veulent pas voir en ligne. Comment l’expliquez-vous?

Certains nous envoient un simple mail sans spécifier le lien vers la vidéo qu’ils veulent retirer. Or il y a une procédure pour retirer les vidéos, en remplissant un formulaire. Si cette procédure est respectée, la vidéo peut être retirée en quelques heures.

Recueilli par Alice Antheaume, à Cannes
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