Le monde du cinéma serait-il divisé sur la loi Hadopi ?
Jeanne Balibar n'est pas d'accord sur les prétendus bienfaits du texte : « C'est une loi pour rien, un coup d'épée dans l'eau. » Son souhait ? « Que les gens soient sur le Net comme dans une médiathèque. » Pour l'actrice, le doigt n'est pas pointé au bon endroit : « Il y a une hypocrisie à dire que les pirates sont des individus. En réalité, il faut que des structures comme Orange contribuent à la création et soient taxés, comme on l'a fait autrefois avec les cassettes et les CD vierges. »
Même son de cloche pour Virginie Ledoyen, qui joue dans le dernier film de Robert Guédiguian, présenté à Cannes : « Cette loi est déjà obsolète. Bien sûr qu'il faut protéger le droit d'auteur, mais on ne peut pas aller contre l'élan des nouvelles technologies, qui constitue une source de progrès faramineux. »
La réalisatrice Marina de Van, qui a fait tourner Monica Bellucci et Sophie Marceau dans Ne te retourne pas, relativise : « Je ne suis pas contre le téléchargement. De toute façon, je ne touche rien sur les ventes de DVD. Par contre, mon film a été piraté avant même qu'il soit fini, et diffusé avec une qualité pourrie. Je n'ai pas travaillé six ans sur ce film pour que les gens en voient une copie inachevée ! » Laurent Cantet, Palme d'or 2008 pour Entre les murs estime que « les biens culturels ne sont pas des marchandises comme les autres : ils doivent être diffusés le plus largement possible ». Selon lui, « la répression n'est pas le meilleur moyen pour régler cette question ». Ce à quoi le réalisateur Radu Mihaileanu répond : « C'est quand même inouï que l'on prône une dérégulation totale sur Internet, alors qu'on vit une crise issue des effets d'une dérégulation », celle du capitalisme. W