«Je suis le meilleur réalisateur du monde», a déclaré le Danois. Plus posé, voire carrément timide entre quatre z'yeux, le cinéaste nous a avoué plus tard avoir pris son projet très au sérieux et s'étonner des réactions dans la salle.
«L'automutilation est une chose qui existe, a avoué ce gentil quinquagénaire. Je ne comprends pas que cela choque tant les gens.» Dans «Antichrist», la descente aux enfers d'un couple qui vient de perdre son enfant, ce mélange de scènes de sexe très crues et de délires sanglants est à réserver à un public très averti. Les spectateurs cannois ne l'étaient visiblement pas et les cris d'horreur de la salle comme leurs rires libérateurs ont laissé le réalisateur perplexe.
«Mon film est 100% sérieux»
«Je peux comprendre la colère, soupire-t-il, car rien ne serait pire que l'indifférence. J'ai, en revanche, du mal à comprendre que les gens puissent s'amuser car mon film est 100% sérieux!» C'est après une grave dépression que Lars von Trier a écrit Antichrist, qu'il décrit comme un film d'horreur tout en admettant que c'était un projet plus «fou» que «courageux».
Le vent se met soudain à souffler sur la plage cannoise où se déroule l'entretien, emportant le paravent et les pots de fleurs sur son passage. «C'est la nature qui se fâche comme dans mon film, cela doit être un signe», s'amuse von Trier. Signe de Palme d'or ou de prix d'interprétation pour ses formidables acteurs, Charlotte Gainsbourg et Willem Dafoe? Le cinéaste leur rend hommage avec un sourire: «Charlotte mériterait une récompense. Quant à Willem, il est si avantagé par la nature que j'ai été obligé de couper dans ses scènes de sexe. Je dois admettre que la vision de son anatomie m'a rendu très jaloux!»
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