Comment avez-vous fait pour transformer des séquences d’une minute en un film?
C’était le plus difficile exercice qui soit. Il fallait garder le ton, l’autodérision et l’environnement de la série initiale tout en maintenant un rythme qui tiendrait en haleine les spectateurs. On a donc essayé d’approfondir l’histoire pour la développer sur 1h30. Par exemple en la rendant plus universelle.
C’est-à-dire?
On a mis une histoire d’amitié entre potes et des histoires d’amour. C’est ça, entre autres, qui rend l’histoire universelle.
Les Français ont la cote dans l’animation, non?
Oui, mais «Les Lascars» est un premier film, fait avec 7,5 millions d’euros. C’est bien pour un film, mais c’est peu pour un film d’animation européen. Il a fallu compenser avec de l’énergie et du talent.
Après «Persepolis», «Kirikou», «Là-Haut», qu’apportent «Les Lascars»?
Ils montrent que l’animation n’est pas que pour les enfants. Il y a plein de niveaux de lectures dans ce film. C’est une comédie, pas l’exploitation d’un thème débile réservé aux moins de 8 ans.
Qu’est-ce qui vous a donné le plus de fil à retordre?
Ouh, là, là... Plein de scènes. Notamment celle d’ouverture. On se demandait par quoi on allait commencer le film. Finalement, on a choisi une bouffonnerie entre les deux personnages principaux, Tony Merguez et José Frelate, pour être dans le ton directement.
Un journal a écrit que votre film se moquait de la banlieue…
Qu’est-ce que ça veut dire, la «banlieue», vu que 80% des gens y vivent? On rit de tout le monde, sans complaisance.