Les Lascars: «L'animation n'est pas que pour les enfants»

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Publié le 18 mai 2009.

INTERVIEW - Emmanuel Klotz et Albert Pereira-Lazaro sont les réalisateurs des «Lascars», film d’animation présenté à Cannes, à la semaine de la Critique…

L’histoire des «Lascars», c’est un peu une «success story» à la française. Dès 2001, cette série animée a été diffusée par sketchs d’une minute sur Canal+; puis sur MCM et sur MTV. Entre temps, le Net l’a fait tourner, générant un nombre de spectateurs en ligne impressionnant – sur le compte Dailymotion des «Lascars», on recense 14.561.523 vues au moment où l’on écrit cet article. Et voilà comment, en 2009, la série d’épisodes devient un long-métrage de 1h36, présenté à Cannes à la Semaine de la critique, avant de sortie en salles le 17 juin prochain. Avec, cerise sur le gâteau, les voix de Diane Kruger, Vincent Cassel, Omar et Fred, Gilles Lellouche, Diam’s et Frédérique Bel. Explications des réalisateurs du long-métrage, Emmanuel Klotz et Albert Pereira-Lazaro, depuis une terrasse cannoise…

Comment avez-vous fait pour transformer des séquences d’une minute en un film?

C’était le plus difficile exercice qui soit. Il fallait garder le ton, l’autodérision et l’environnement de la série initiale tout en maintenant un rythme qui tiendrait en haleine les spectateurs. On a donc essayé d’approfondir l’histoire pour la développer sur 1h30. Par exemple en la rendant plus universelle.

C’est-à-dire?

On a mis une histoire d’amitié entre potes et des histoires d’amour. C’est ça, entre autres, qui rend l’histoire universelle.

Les Français ont la cote dans l’animation, non?

Oui, mais «Les Lascars» est un premier film, fait avec 7,5 millions d’euros. C’est bien pour un film, mais c’est peu pour un film d’animation européen. Il a fallu compenser avec de l’énergie et du talent.

Après «Persepolis», «Kirikou», «Là-Haut», qu’apportent «Les Lascars»?

Ils montrent que l’animation n’est pas que pour les enfants. Il y a plein de niveaux de lectures dans ce film. C’est une comédie, pas l’exploitation d’un thème débile réservé aux moins de 8 ans.

Qu’est-ce qui vous a donné le plus de fil à retordre?

Ouh, là, là... Plein de scènes. Notamment celle d’ouverture. On se demandait par quoi on allait commencer le film. Finalement, on a choisi une bouffonnerie entre les deux personnages principaux, Tony Merguez et José Frelate, pour être dans le ton directement.

Un journal a écrit que votre film se moquait de la banlieue…

Qu’est-ce que ça veut dire, la «banlieue», vu que 80% des gens y vivent? On rit de tout le monde, sans complaisance.

Recueilli par Alice Antheaume, à Cannes
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