Pourquoi n'y a-t-il qu'un seul Américain dans la compétition?

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Publié le 13 mai 2009.

CANNES - Simple coïncidence ou vague de fond…

Quentin Tarantino, pour son film «Inglorious Basterds», est le seul cinéaste américain à postuler pour la Palme d’or du festival de Cannes de cette année.

Dans ce rendez-vous d’habitués, c'est d'autant plus notable que, lors des éditions 2007 et 2008, pas moins de quatre films venus des Etats-Unis figuraient dans la compétition.

Pour expliquer la faible présence américaine de cette édition, Gilles Jacob, le patron du festival, argue que «Martin (Scorsese) n'était pas prêt». Quant à Francis Ford Coppola, il aurait pu figurer dans la sélection officielle avec son film «Tetro» tourné en Argentine mais on ne lui a proposé que le hors compétition. Du coup, lui qui «aime trop la compétition», selon Gilles Jacob, a «préféré la Quinzaine des réalisateurs» dont il fait l’ouverture.

La grève en toile de fond

Pour Thierry Frémaux, le délégué général du festival, c’est une des conséquences de la grève des scénaristes à Hollywood qui a paralysée la production audiovisuelle. Mais il s’est voulu rassurant: les studios américains «seront bien là», en particulier Pixar-Disney dont la dernière production, le film d'animation en 3D «Là-haut» a fait l'ouverture. Mais c’est un film hors compétition, donc il ne compte pas dans la course à la Palme.

Alors d'accord, dans la sélection 2009, il y a aussi Ang Lee («Hulk» et «Le secret de Brokeback Moutain»), un cinéaste taïwanais qui travaille aux Etats-Unis et dont on aime à dire qu'il est profondément américain. D'ailleurs, son film évoquera Woodstock («Taking Woodstock»).

A l’inverse, les films français et asiatiques figurent en force dans la compétition. «Les cinéastes de l’est et de l’extrême est (…) en matière d’idées visuelles, ne sont jamais à sec», a déclaré Gilles Jacob dans son éditorial.

Nouvel ordre cinématographique

Se dessinerait-il une nouvelle carte du cinéma mondial? «Une hirondelle ne fait pas le printemps, tempère Jean-Marie Duras, directeur des cinémas UGC, interrogé par 20minutes.fr. Il serait très hâtif de tirer des conclusions de la faible présence américaine à Cannes. Si cela se renouvelle sur deux ou trois ans, on en reparlera. Mais prédire l’avenir, surtout dans le futur, c’est très difficile.»

Pour Gilles Jacob, une chose est sûre: «Le centre se déplace sans cesse. Il faut se rendre à Bucarest pour renifler une nouvelle vague, à Tel Aviv pour se recommander de Jacques Becker, à Hong-Kong ou à Séoul pour que le polar se régénère à coup de lyrisme, de réalisme et de pétarades. Et, pas si loin de là, à Pékin pour que l’esprit de Rossellini ressurgisse».

Pas de préférence nationale

Pour le jury, la nationalité des films ne change rien. Lors de la conférence de presse de ce premier jour, le réalisateur sud-coréen Lee Chang-Dong, qui fait partie du jury, a assuré qu’il n’y aurait pas de faveur géographique: «A Cannes, ma nationalité est cinéma».

Même avis du côté d’Isabelle Huppert, la présidente du jury de cette année: «On n'est pas au ministère des Affaires étrangères, on est dans un festival de cinéma».

Alice Antheaume, à Cannes
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