Pour expliquer la faible présence américaine de cette édition, Gilles Jacob, le patron du festival, argue que «Martin (Scorsese) n'était pas prêt». Quant à Francis Ford Coppola, il aurait pu figurer dans la sélection officielle avec son film «Tetro» tourné en Argentine mais on ne lui a proposé que le hors compétition. Du coup, lui qui «aime trop la compétition», selon Gilles Jacob, a «préféré
Alors d'accord, dans la sélection 2009, il y a aussi Ang Lee («Hulk» et «Le secret de Brokeback Moutain»), un cinéaste taïwanais qui travaille aux Etats-Unis et dont on aime à dire qu'il est profondément américain. D'ailleurs, son film évoquera
A l’inverse, les films français et asiatiques figurent en force dans la compétition. «Les cinéastes de l’est et de l’extrême est (…) en matière d’idées visuelles, ne sont jamais à sec», a déclaré Gilles Jacob dans son éditorial.
Nouvel ordre cinématographique
Se dessinerait-il une nouvelle carte du cinéma mondial? «Une hirondelle ne fait pas le printemps, tempère Jean-Marie Duras, directeur des cinémas UGC, interrogé par 20minutes.fr. Il serait très hâtif de tirer des conclusions de la faible présence américaine à Cannes. Si cela se renouvelle sur deux ou trois ans, on en reparlera. Mais prédire l’avenir, surtout dans le futur, c’est très difficile.»
Pour Gilles Jacob, une chose est sûre: «Le centre se déplace sans cesse. Il faut se rendre à Bucarest pour renifler une nouvelle vague, à Tel Aviv pour se recommander de Jacques Becker, à Hong-Kong ou à Séoul pour que le polar se régénère à coup de lyrisme, de réalisme et de pétarades. Et, pas si loin de là, à Pékin pour que l’esprit de Rossellini ressurgisse».
Pas de préférence nationale
Pour le jury, la nationalité des films ne change rien. Lors de la conférence de presse de ce premier jour, le réalisateur sud-coréen Lee Chang-Dong, qui fait partie du jury, a assuré qu’il n’y aurait pas de faveur géographique: «A Cannes, ma nationalité est cinéma».
Même avis du côté d’Isabelle Huppert, la présidente du jury de cette année: «On n'est pas au ministère des Affaires étrangères, on est dans un festival de cinéma».