Dany Boon en rêvait sûrement, le Festival de Cannes l'a fait :
mettre la comédie à l'honneur. « La sélection est plus drôle que d'habitude », confirme Thierry Frémaux, le délégué général du festival. On se frotte les yeux au gaz hilarant pour y croire : Là-haut, la dernière création des studios Pixar, sera projeté ce soir en ouverture. Suivront Eric Cantona en supporter... d'un fan de Manchester United (Looking for Eric, de Ken Loach), André Dussolier et Sabine Azéma en amants incongrus (Les Herbes folles, d'Alain Resnais) ou Heath Ledger métamorphosé tour à tour en Johnny Depp, Jude Law et Colin Farrell (L'Imaginarium du Docteur Parnassus, de Terry Gilliam).
« Pour une fois, l'humour prévaut à la Quinzaine des réalisateurs », concède aussi le délégué de cette section parallèle, Olivier Père. A savoir : Les Beaux Gosses, comédie gonflée aux hormones adolescentes, mais réalisée tout en finesse par le très subtil auteur de BD Riad Sattouf. Ou I Am Philip Morris, avec Jim Carey et Ewan McGregor qui, en détenus homosexuels, ont fait plier de rire Sundance.
Même chose à la Semaine de la critique qui, après un film d'ouverture à l'humour pince-sans-rire, excitera davantage les zygomatiques avec Les Lascars, film d'animation très drôle sur les déboires d'une bande de jeunes l'été à Paris. Autre dessin animé frappadingue, en séance de minuit : Panique au village, des Belges Stéphane Aubier et Vincent Patar. Comme chez Jacques Tati, dont on verra une version restaurée des Vacances de Monsieur Hulot, tous ces films ont en commun d'être calibrés au millimètre : l'humour est d'abord une question de tempo. W