Malgré les quatre heures vingt-huit de projection, la fresque sur le révolutionnaire argentin n'a pas fait « Ch...e » les spectateurs. Pour digérer ce film marathon de Steven Soderbergh, ils ont été bichonnés. Les organisateurs, prudents, avaient préparé des sandwiches pour l'entracte, histoire de remonter le public entre les deux parties ! « Je peux faire un film sur le Che sans pour autant adhérer à son idéologie », a expliqué le metteur en scène à la conférence de presse du lendemain. Le réalisateur d'Ocean's 13 a été très inspiré par l'évolution de ce personnage iconique dont il montre la grandeur et le déclin, de la victoire à Cuba aux côtés de Fidel Castro à son exécution en Bolivie le 9 octobre 1967. « Guevara a vécu l'une des existences les plus fascinantes qui soient au cours du siècle dernier », a ajouté Sorderbergh. Le lauréat de la Palme d'or en 1989 pour Sexe, mensonges et vidéo donne ici un rôle en or à Benicio Del Toro. La performance de l'acteur, méconnaissable dans le rôle-titre, le place au rang de favori pour le Prix d'interprétation masculine voire pour l'Oscar de l'année prochaine. Ses admirateurs devront s'armer de patience car Che ne sera distribué en France qu'à l'automne en deux parties distinctes.