Pourquoi Noël provoque toujours des tensions familiales et des disputes de clan?
C’est un mystère. On en parlait avec Emmanuelle Devos et elle me disait que dans sa famille, qui est une famille recomposée, ça se passait bien. Alors est-ce la concentration du sang qui fait que ça explose à Noël? Dans ma famille, ça pète, c’est systématique. On a tellement envie de cette fête, tellement envie que cela soit réussi, qu’on est stressé et qu’on s’engueule dans la cuisine, à propos de la dinde, de tout et de rien. Peut-être est-ce le trop plein d’amour qui explique tout ça.
Pourquoi le film se déroule-t-il à Roubaix? Est-ce suite à la mode des Ch’tis?
Non, c’est plus simple que ça. Arnaud Desplechin y a passé son enfance et il y possède des maisons de famille en veux-tu en voilà. D’ailleurs, il a fait un documentaire sur sa famille, «L’Aimée», à voir absolument pour comprendre Desplechin. Tout à coup, dans ce documentaire, tout ce qu’il a d’intellectuel disparaît et on s’aperçoit qu’il parle, quasi viscéralement, de ce qu’il a hérité, à Roubaix, de son père, de ses grands parents. Au début, j’étais intimidée par la culture de Desplechin alors que je suis d’une ignorance crasse (rires). Mais quand il parle d’un plan au cinéma, il parle en fait de sa propre intimité, et ça, c’est touchant.
J’aimerais vraiment car j’adore Mathieu Amalric. Et je l’adore plus que jamais dans «Conte de Noël». Alors si vous me dites que je suis son pendant, je vais me la péter grave!
La présence dans le jury de Jeanne Balibar, actrice fétiche de Desplechin, va-t-elle aider le film à emporter une palme?
Pas sûr car un palmarès, quelque soit le festival, c’est un panachage de sensibilités et de jurés très différents. Que Jeanne Balibar connaisse le réalisateur, ça peut même jouer contre nous. Car peut-être n’osera-t-elle pas prendre la parole, de peur de ne pas se sentir objective. Alors non, je ne pense pas que ce soit spécialement un atout.