CANNES - Premières impressions...
La sélection officielle du festival de Cannes
vient d’être annoncée ce mercredi matin, à Paris, par Gilles Jacob et Thierry Frémaux. Dedans, 54 longs-métrages venus de 31 pays différents - dont 19 en lice pour la Palme d'or, choisis parmi 1.792 oeuvres reçues et visionnées par les sélectionneurs.
La géographie
Le
cinéma américain y apparaît en force, avec la présence de Clint Eastwood, Charlie Kaufman, Steven Soderbergh, Wim Wenders en compétition, ceux que l’on appelle «les abonnés», dans le jargon. «Certes, ils viennent souvent à Cannes, mais les grands metteurs en scène font les grands films», a souligné Thierry Frémaux, le directeur délégué du festival.
L'Amérique latine fait une percée remarquée, avec le Brésilien
Walter Salles, qui co-signe avec Daniela Thomas «Linha de Passe» et deux jeunes Argentins déjà venus sur la Croisette: Lucrecia Martel («La femme sans tête») et Pablo Trapero («Leonera»).
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Les cinéastes français sont moins nombreux. Il y a Philippe Garrel, Arnaud Desplechin et un troisième frenchy dont on connaîtra le nom dans quelques jours. Cette année, «certains grands cinéastes européens sur lesquels Cannes s'appuie logiquement» comme l'Espagnol Pedro Almodovar ou les Britanniques Stephen Frears et Ken Loach seront absents, car «ils sont au travail», a précisé Frémaux.
«On veille à
l’internationalité du festival», a-t-il encore dit citant un cinéaste venu du Kazakhstan sélectionné (
Sergey Dvortservoy) et le «frémissement créatif en Israël». Interrogé par un journaliste sur une éventuelle sous-représentation française, Thierry Frémaux a coupé court: «Le cinéma français est l’un des mieux traités à Cannes». Rappelant la nécessité de «trouver des noms nouveaux», le délégué général du festival a souligné qu’il avait retenu huit premiers films dans sa sélection, dont un en lice pour la Palme d'or.
Le numérique s’invite
Ça tombe bien, car selon Gilles Jacob, le président de l’événement, il fallait montrer que le festival est «en mouvement» et qu’il «accompagne l’évolution du cinéma». Aujourd’hui, «Internet a tout bousculé, décrit-il. Le piratage existe et les films sortent simultanément dans le monde entier.» Une révolution survenue avec les
nouvelles technologies que salue Thierry Frémaux, qui rappelle que sans la rapidité permise par
le montage et la post-production numériques, certains films n’auraient jamais été prêts à temps pour être sélectionnés. C’est le cas du film de Clint Eastwood qui est arrivé mardi soir à Paris, la veille de l’annonce de la sélection, et qui n’a pas encore intégré la BO.
L’autre question qui taraude les esthètes du festival, à l’annonce de cette sélection, c’est l’apparition du
sport à tous les coins de la croisette. Pas moins de deux documentaires sont consacrés à des athlètes: l’un au footballeur Maradona, signé Emir Kusturica, l’autre dédié au boxeur Mike Tyson, réalisé par James Toback. Et la ferveur sportive, en cette année de JO, gagne aussi le comité de sélection cannois: «La flamme de Cannes part de Paris aujourd’hui», et il n’y a pas de «boycottage au programme.»
Alice Antheaume