«Le chèque de George Lucas m'a soulagé»

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Publié le 25 mai 2007.

INTERVIEW – Rencontre avec Martin Scorsese. Le réalisateur a défendu hier un projet qui lui est cher: une Fondation mondiale pour le cinéma...

Rencontre avec Martin Scorsese. Le réalisateur a défendu hier un projet qui lui est cher: une Fondation mondiale pour le cinéma.

Qu’est ce que la Fondation mondiale pour le cinéma?
Il s’agit d’une organisation bénévole dédiée à préserver et à restaurer des films du monde entier. Cet échange culturel me semble essentiel car le cinéma est un bon moyen de faire connaître d’autres cultures. Rien n’est plus dangereux que l’ignorance. C’est pour cela que de s c onfrère s comme Stephen Frears, Wong Kar-wai, Bertrand Tavernier ou Abbas Kiarostami m’ont fait l’honneur d’y participer.

Les films sont-ils difficiles à trouver?

J’ai recherché certaines copies pendant vingt ans et je me comble de pouvoir leur C’est excitant de redécouvrir des films du début du siècle dernier et de voir comment les cinéastes essayaient déjà de communiquer avec leur caméra.

Quels sont vos critères de choix pour les restaurations?

La décision est collégiale car nous devons nous limiter en raison de problèmes de budget. Nous essayons de privilégier les œuvres venues de pays qui n’ont pas les moyens de les préserver. J’ai été très soulagé quand, une année, George Lucas m’a dit qu’il ne pouvait pas se décider et qu’il m’a envoyé un chèque pour restaurer tous les films de ma liste.

Comment ses œuvres seront-elles diffusées?

Elles seront d’abord projetées au Festival de Cannes, puis elles feront le tour des manifestations du monde entier. Mon rêve serait de créer un festival uniquement consacré aux films restaurés.

Vous n’en avez jamais assez de voir des films?
Jamais ! Je mets parfois des DVD dans mon lecteur sans savoir ce que je vais regarder. Le jour où j’ai découvert Old Boy de Park Chanwook, j’ai ressenti un tel choc que je me suis fait une cure de cinéma coréen. Et j’ai passé mes coups de cœurs à toute mon équipe…

Et à vos acteurs?

Bien sûr, c’est un moyen très commode de les guider que de leur montrer les choses qui m’ont influencé. Pour «Les Infiltrés», Matt Damon , Leonardo DiCaprio et Jack Nicholson ont fait une cure de polars et ils ont été bluffés.
Recueilli par Caroline Vié (à Cannes) ©2007 20 minutes
Asthme Martin Scorsese a expliqué, lors de sa «leçon de cinéma», hier, que sa façon de parler à toute vitesse venait d’une réaction à un médicament contre l’asthme qu’il prenait quand il était enfant.
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