«Certains spectateurs vont être largués par ce langage de jeunes»

6 contributions
Publié le 23 mai 2007.

INTERVIEW - Lola Doillon signe son premier film, «Et toi, t’es sur qui?», sur les premières fois adolescentes...

Elodie (Lucie Desclozeaux) et Julie (Christa Theret) ont 15 ans et n’ont pas encore «couché». Elles font le pari de passer à la casserole d’ici 15 jours. Avec qui? Cela reste à voir. Dans son film «Et toi, t’es sur qui?», Lola Doillon, 32 ans, évoque les premières fois des adolescents. Un long-métrage touchant et efficace, sélectionné au festival de Cannes dans la section Un Certain Regard. Interview de la réalisatrice.

Pourquoi ce titre, «Et toi, t’es sur qui?»?

Je voulais rester dans le monde des adolescents, être au plus près d’eux. Ce titre est le leur, je leur ai volé l’une de leurs expressions.

On dit déjà de votre film qu’il est dans la même veine que «L’Esquive», d’Abdellatif Kechiche. Que pensez-vous de cette comparaison?

«L’Esquive» est un film social, basé sur un langage de banlieue. «Et toi, t’es sur qui?» est un film sur les adolescents d’aujourd’hui, quelque soit leur milieu, banlieusards ou pas. Certains spectateurs vont sans doute être largués par ce langage de jeunes mais c’est comme un accent, on s’y habitue. Je n’ai pas réalisé mon film pour faire plaisir à un public de 7 à 77 ans, je ne voulais pas que mes personnages parlent comme des adultes, bien poliment, même si cela aurait aidé à mieux comprendre les dialogues.

Le long-métrage de Céline Sciamma, «Naissance des pieuvres» (sélectionné au festival de Cannes, dans la section Un Certain Regard), évoque aussi les premières fois des adolescentes, comme votre film. Hasard?

On ne peut pas les comparer. Il n’y a pas qu’une façon de parler des adolescents. Quand on voit toutes les relations entre adultes qui font l’objet de films, on ne se pose pas la question. Pour les ados, c’est pareil: il y a autant d’histoires d’amour entre les adolescents qu’entre les adultes.

Le point commun avec le film de Céline Sciamma, c’est que dans votre film comme dans le sien, les parents sont absents.

C’est volontaire. Les parents existent, les personnages vivent chez eux, mais en même temps, les ados vivent leurs histoires tellement intensément qu’ils sont dans leur bulle. Intérieurement, ils ont viré leurs parents. Par ailleurs, je ne voulais pas avoir un regard adulte sur eux, je voulais à tout pris éviter la confrontation enfants/parents.

Dans «Et toi, t’es sur qui?», vos personnages fonctionnent en quatuor. Deux filles, deux garçons. Mais globalement, les filles ont des propos beaucoup trash que les garçons. Qu’en pensez-vous?

Vers 15 ans, les filles sont à un âge où elles se parlent beaucoup entre elles, à la fois de sexualité et de sentiments. Quant aux garçons, ils sont plus pudiques, malgré leurs blagues graveleuses voire obscènes.

Propos recueillis par Alice Antheaume (à Cannes)
  
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr