« Il n’y a pas de violence ouverte comme à Marseille, Paris ou dans la banlieue lyonnaise », assure le chef de la brigade des stupéfiants en Gironde. Bien sûr il existe des différends entre les fournisseurs mais, en général, ils ne dégénèrent pas.
« Pas de dealers postés dans les parcs »
La majorité du trafic de rue a lieu dans un triangle entre la gare Saint Jean, la Victoire et Saint Michel. La résine de cannabis (shit) représente 70 % du trafic connu des services de police, vient ensuite la cocaïne en provenance de l’Espagne qui s’est beaucoup banalisée depuis le début des années 2000. Il faut dire que son prix a été quasiment divisé par trois. « On sait qu’ils dealent mais on ne les a jamais vus faire », déclare une commerçante du cours Victor Hugo, qui traverse le quartier Saint-Michel. «Cela fait un moment qu’on ne voit plus de trafic ", remarque même un gardien du parc de stationnement Victor Hugo. En revanche, il en voit régulièrement "qui se piquent dans le parking ». Un trafic de cocaïne et dans une moindre mesure d’héroïne existe aussi dans le quartier Bacalan. « Beaucoup de ventes se font dans des appartements et dans des squats, on ne trouve pas souvent de dealers postés dans des parcs », explique le policier. Les trafiquants évitent au maximum le contact physique, jusqu’à la transaction.
Du stress pour les riverains
Des allées et venues à proximité d’un appartement ou des vols dont les butins peuvent servir à conclure un deal, sont autant de situations stressantes pour les riverains. Là encore le chef des stupéfiants explique que la situation bordelaise est similaire à celle des villes moyennes, et que la brigade rencontre très peu de situations de violences. « Le climat est assez apaisé, le peuple bordelais est modéré », estime de son côté Alexandra Siarri, adjointe au maire, chargée de la lutte contre les nouvelles précarités.