Vincent Feltesse, dans son bureau de président de la communauté urbaine de Bordeaux, le 4 juillet 2012
Vincent Feltesse, dans son bureau de président de la communauté urbaine de Bordeaux, le 4 juillet 2012 - S.ORTOLA/20MINUTES

Mickaël Bosredon

«La décennie bordelaise». Dans le livre d’entretien avec le sociologue Jean Viard que Vincent Feltesse, président de la Communauté urbaine de Bordeaux depuis 2008, vient de publier, il explique pourquoi il a le sentiment que «d’ici à 2020, c’est à Bordeaux que ça va se passer». «Bordeaux pourrait décoller au cours des dix ou vingt prochaines années et devenir une métropole de référence au niveau français et même européen, ce qu’elle n’est pas encore.» 20 Minutes a rencontré Vincent Feltesse, et résume en cinq points les arguments du supposé futur candidat du PS à la mairie de Bordeaux, en 2014.

La rénovation urbaine de Bordeaux ces dernières années. «Depuis 1995 Bordeaux s’est énormément métamorphosé, et je suis le premier à vanter les mérites du projet urbain d’Alain Juppé et à reconnaître qu’il est un grand succès. Une dynamique favorable s’est enclenchée, qui s’est traduit par la reconquête des quais, l’embellissement des espaces publics, le lancement du tramway, les retrouvailles entre la rive gauche et la rive droite. Ce projet urbain s’achèvera en quelque sorte à la fin de l’année 2012 avec la livraison du nouveau pont Bacalan-Bastide, reliant les deux quartiers du même nom. Tous ces efforts placent aujourd’hui l’agglomération bordelaise dans une position favorable.»

La métropolisation de la ville. «Il y a eu un réveil bordelais, mais ce n’est pas encore une apothéose. Plutôt des années de rattrapage des erreurs qui avaient été commises et du temps qui avait été perdu auparavant. L’enjeu est maintenant celui du changement d’échelle, de démultiplier tout ça dans les années qui viennent, et j’ai le sentiment qu'on peut récolter les fruits de tout ce qu’on a mis en place. Il n’y a aucun autre endroit en France où il y a une telle concentration d’investissements publics et privés (Euratlantique, LGV, Plan campus, projet de 50.000 logements…). Le tramway a été un formidable outil de renouvellement urbain, je pense que la LGV doit être l’outil de l’émergence métropolitaine. Il y a par ailleurs peu d’endroits en France où la croissance démographique est telle, et où le modèle urbain correspond plutôt aux aspirations des gens, ce que j’appelle la métropole provinciale.»

Le dynamisme économique. «Nous bénéficions d’un bassin d’emploi important – l’agglomération concentre plus de 60% des emplois girondins et 30% des emplois aquitains, et qui continue de se développer malgré la crise, de plusieurs pôles de compétitivité dans l’aéronautique, les biotechnologies, l’optique et d’un enseignement supérieur et une recherche de très haut niveau.»

Le cadre de vie. «On n’est pas sur un projet territorial qui chercherait d’abord à gagner de la croissance et se demanderait seulement ensuite comment limiter les dégâts sociaux et environnementaux. On fait le raisonnement inverse: c’est par l’aménagement d’un cadre de vie métropolitain de qualité qu’on créera de l’activité. C’est en cultivant un cadre de vie particulièrement doux et agréable que nous réussirons à nous développer. Un cadre de vie que l’on doit à notre réputation internationale grâce au prestige des vins de Bordeaux et à la majesté architecturale retrouvée du centre historique, associant au territoire des idées de culture, de finesse, d’art de vivre, à une situation géographique avantageuse –l’ensoleillement, la proximité de l’océan et de la montagne, et à une architecture et un urbanisme bas, qui font une large place à l’habitat individuel.»

Le projet social. «Derrière les belles façades bordelaises, il y a aussi la réalité, c’est-à-dire des immeubles coupés et redécoupés, et vétustes. C’est aussi ça qu’il faudra réparer. Le projet que nous essayons de réaliser n’est pas un projet bobo, il veut mettre la qualité de vie à la portée de tous les habitants de la métropole.»