Guillaume Pépy, résident de la  SNCF, en janvier 2011 à Paris.
Guillaume Pépy, résident de la SNCF, en janvier 2011 à Paris.

Mickaël Bosredon

La régularité. «Nous avons eu une période très difficile en début d’année, car nous avons eu à gérer en même temps l’impact des changements d’horaire, des pannes de matériel à cause du grand froid, et tout ça sur fond de gros volume de travaux d’infrastructure. Le premier trimestre a été mauvais, avec une régularité à 86,5%, mais celle du deuxième trimestre atteint 91,8%. Cela veut dire que les efforts et les moyens supplémentaires décidés avec le conseil régional et RFF ont payé. Notre prévision c’est qu’avec tout ce qu’on a enclenché on devrait avoir un troisième trimestre au même niveau que le second.» Des chiffres qui cachent une autre réalité. En gare de Bordeaux, beaucoup de passagers en correspondance entre le TGV Paris-Bordeaux et un TER, se plaignent d’arriver souvent «légèrement en retard», et que les TER, sommés de partir à l’heure, n’attendent pas. «Quand il y a des aléas, nous privilégions de faire partir les TER à l’heure sur les lignes où la densité des circulations est forte, parce que l’on sait qu’il y aura rapidement un autre train derrière, explique Pierre Boutier. En revanche nous attendons systématiquement l’arrivée du dernier TGV.» «Il faut aussi penser à ceux qui ne sont pas en correspondance, soit 80% des passagers, ajoute Guillaume Pépy. Le TGV qui arrive de Paris ce n’est pas leur sujet. Enfin, retarder un TER, cela exporte de l’irrégularité sur tout le réseau. Il n’ya pas de solution 100% parfaite, et nous avons arbitré en faveur du départ à l’heure des TER.»

Le plan d’urgence. Suite aux mauvais résultats du premier trimestre, un plan d’urgence avait été décidé par Jean-Pierre Farandou, directeur de la branche proximités à la SNCF. «Le plan de progrès promis en février dernier est une coquille vide, et les moyens supplémentaires affichés ne sont jamais parvenus au Technicentre Aquitaine, assure la CGT dans un communiqué. L’amélioration constatée de fiabilité des matériels roulants ne peut être durable», estime encore le syndicat. Pierre Boutier assure de son côté que «des moyens supplémentaires ont bien été octroyés au matériel. Des équipes mobiles vont désormais sur le terrain dépanner des engins en panne, sans obliger le rapatriement de la locomotive dans le centre de maintenance. Nous avons aussi mis en place des équipes de nuit tous les jours de la semaine au niveau du centre de maintenance de Bordeaux, et également le week-end, pour augmenter le taux de disponibilité de notre matériel. Enfin, nous avons augmenté les périodes de fonctionnement du tour en fosse, qui re-profile les roues, et nous sommes passé en 3X8 pour accélérer la sortie des engins qui en ont besoin. Cela s’est traduit par un effectif de 12 personnes supplémentaires sur notre centre de maintenance de Bordeaux.»

Les suppressions de trains. «C’est une de nos principales difficultés dans la région», reconnaît Guillaume Pepy. «Nous avons encore trop de train supprimés, en raison de pannes, ou de chocs. C’est de l’ordre de 1,3%, alors qu’il faudrait descendre à 0,7% pour que les clients ne soient pas pénalisés.» Fabrice Weiber, 29 ans, est un utilisateur quotidien de la ligne Bordeaux-Agen. Les suppressions de trains, il les subit en permanence. «C’est quasiment un par semaine, voire deux. Généralement en fin de semaine. On nous explique que c’est généralement à cause de conducteurs que la SNCF n’arrive pas à remplacer. C’est vraiment problématique, parce que, vue le prix de l’essence, j’ai fait le choix du train, qui lui est très irrégulier… »

La fréquentation. «La fréquentation des TER continue à s’accroître, de l’ordre de +6% depuis le début de l’année, s’est réjoui Guillaume Pepy. C’est en raison de l’impact de la hausse du prix des carburants, mais aussi du volontarisme du conseil régional, des investissements effectués, et de la communication très positive faite sur le train. Paradoxalement, cette hausse arrive au pire moment pour nous, puisque nous sommes engagés dans un vaste plan de rénovation des lignes et de création de la LGV Tours-Bordeaux.»

Les travaux. L’Aquitaine est déjà en proie à de gigantesques travaux sur les voies en 2012. «Mais 2013, ce sera encore plus de chantiers, annonce le président de la SNCF. Il y aura cinquante chantiers au total en Aquitaine, et sur l'ensemble du grand sud. Il y aura les travaux de la LGV avec ses raccordements, c’est-à-dire les bouts de ligne entre la future ligne et la ligne actuelle. Le site de Bordeaux sera lui la zone de tous les travaux, avec la création de la station service du TGV, le nouvel atelier pour accueillir les nouveaux TER, la rénovation de la halle de la gare, le changement des rails et des aiguillages en gare, plus les suites des travaux du bouchon ferroviaire, les travaux de la future gare Euratlantique, et le pont Euratlantique au-dessus des voies ferrées. Tout cela durera jusqu’en 2017. Cela entraînera des limitations temporaires de vitesse, dans une région où il y a très peu de voie de contre-sens permettant aux trains de contourner les zones de travaux. Mais tout cela se fait en vue d’améliorer la capacité et la régularité.»

La vente en ligne. «Dès mardi 26 juin, la vente en ligne des billets TER, des e-billets combiné TGV-TER, et le rechargement des pass TER, sera possible, annonce le président de la SNCF. C’est la deuxième région de France où ce service ouvre. On franchit une étape de modernisation de la billétique TER.»

L’information-voyageurs. «La satisfaction des usagers en situation perturbée est passée de 39 à 56% en deux ans, assure Guillaume Pepy. C’est positif, même si nous estimons qu’il faudrait  être aux alentours de 65%. Le point clé, c’est l’arrivée de nouveaux outils, comme notre serveur vocal 24/24h et 7/7 (0800 872 872), qui donne les trois prochains départs de n’importe quelle gare d’Aquitaine. Nous continuons aussi de moderniser ce qui existe, et le conseil régional nous aide à installer 80 nouveaux écrans en gare qui vont être posés au deuxième semestre. Cela permettra de couvrir des petites gares. Il faut aussi professionnaliser notre fonctionnement en cas de situation perturbée.»

La LGV Bordeaux-Toulouse (GPSO). « La question des LGV est une question purement politique, estime Guillaume Pépy. Que veut la nouvelle majorité là-dessus? Il y a des projets un peu partout, dans un contexte économique que tout le monde connaît. Quelle sera la priorité du gouvernement, nous verrons dans sa feuille de route. Mais du point de vue du transporteur SNCF, le projet GPSO qui consiste à mettre Toulouse à 3h de Paris et 1h de Bordeaux, fait sens.»