Les drones peuvent prendre leur envol

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Publié le 13 juin 2012.

AERONAUTIQUE - Deux nouveaux arrêtés publiés au Journal Officiel autorisent les drones à voler dans l'espace aérien civil français. Une révolution qui ouvre un marché gigantesque aux industriels...

De la fiction à la réalité. Les drones vont bientôt pouvoir occuper l’espace aérien civil, après l’autorisation accordée le mois dernier par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) de faire voler les appareils sans pilote en dehors de zones très restrictives. Une décision attendue de longue date par les sociétés spécialisées dans la conception de drones, qui voient là un gigantesque marché s’ouvrir.

C’est le cas de Fly-n-Sens, entreprise basée à Mérignac près de Bordeaux. Elle a annoncé lundi être «la première société en France à avoir obtenu l’autorisation d’effectuer des opérations aériennes» avec un drone.

Sa gamme de «scan-copter», des appareils à voilure tournante multi-rotors, qui ne font pas plus de quatre kilos, intéresse déjà les sapeurs-pompiers des Landes pour la surveillance des feux de forêts. «Nous avons un programme en cours avec eux intitulé SDAFF, Système de drone tactique pour la lutte contre les feux de forêts», explique le président de Fly-n-Sense, Christophe Mazel.

 

L’appareil leur permettra de cartographier un front de flammes, et restituer en temps réel au PC sécurité les informations, pour mettre en place le dispositif de sécurité le plus adéquat.» Avec la nouvelle législation ce programme passera du stade expérimental à grande échelle.

Les acteurs environnementaux pourraient également s’en servir pour «la surveillance de zones polluées, l’évolution de la végétation, la cartographie de plans d’eau…»

Le marché des industriels devrait faire décoller les ventes

Le marché de la défense et de la sécurité civile «devrait être le plus réactif» suite à cette nouvelle législation, pense Christophe Mazel. Mais il mise davantage sur le «marché des industriels» pour faire décoller ses ventes. «Ce type d’appareils peut les intéresser pour la surveillance de sites de grandes tailles, pour effectuer de la maintenance. La SNCF ou EDF peuvent aussi s’en servir pour l’inspection de leurs réseaux.»

Selon le type de capteur utilisé (optique, thermique, acoustique…) et la taille de l’appareil, son prix varie «de 15.000€ à 40.000€.» Entièrement électrique, il peut effectuer jusqu’à 5 km, et voler jusqu’à 2.000 mètres d’altitude.

Des conditions restrictives pour la sécurité des personnes au sol

Des capacités qui vont bien au-delà de ce qu’autorise la législation, qui limitera dans la plupart des cas les vols à 150 mètres d’altitude et un kilomètre de distance, sauf dérogations. Si cette législation est désormais «l’une des plus abouties au monde», assure Christophe Mazel, elle n’en reste pas moins restrictive.

«Il faut que l’on s’assure que le vol de ce nouveau type d’appareil, ne met pas en danger des personnes au sol, et respecte l’intimité et la vie privée» justifie la DGAC. C’est pourquoi «un cadre d’exigences pour les cas simples est mis en place». «Pour les autres drones, des analyses et des traitements au cas par cas sont prévus pour assurer le développement progressif et maîtrisé de ce nouveau concept.» Par exemple, un document de navigabilité est requis pour les appareils de plus de 25kg.

Dans tous les cas de figure, le possesseur de l’appareil doit certifier d’un manuel d’activité particulière (MAP) et d’une formation spécifique. «Nous avons fait sortir le drone du domaine de l’aéromodélisme pour le faire entrer dans l’espace aérien», souligne la DGAC.

Mickaël Bosredon
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