A Bordeaux, Alain Juppé accuse le PS de «volonté d'hégémonie» et de «clientélisme»

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Publié le 12 juin 2012.

LEGISLATIVES - Le maire de Bordeaux, venu soutenir les candidats Nicolas Florian et Chantal Bourragué, a tapé fort contre ses adversaires PS avant le second tour des législatives dimanche prochain…

Le maire de Bordeaux Alain Juppé (UMP) s’est affiché mardi matin aux côté des deux candidats de la droite dans sa ville, en difficulté à l’issue du premier tour des législatives, Nicolas Florian (2ème circonscription) et Chantal Bourragué (1ère). Pour lui rien n’est encore perdu: «Pas trop d’arrogance à gauche, a-t-il lancé, je rappelle qu’en 2007 j’avais fait 44% au premier tour, et je n’ai pas été élu au deuxième. Donc 43,5% (le score de Michèle Delaunay dans la 2ème circonscription de Gironde), ça n’assure pas d’une élection au deuxième tour.» Il a souligné «la forte abstention du premier tour, qui atteint 50% dans certains bureaux à Bordeaux», et affirmé que «le mot d’ordre pour le deuxième tour, c’est la mobilisation.»

Pour cela, estime Alain Juppé,  «nous avons besoin des voix de tous les électeurs, celle des abstentionnistes, et celles de ceux qui ont pu voter différemment au 1er tour, je pense en particulier à ceux qui ont voté FN. On connaît ma position vis-à-vis de ce parti, il n’a pas changé depuis des années, en revanche j’ai toujours considéré que les électeurs du FN étaient des Français comme les autres, ce ne sont pas des pestiférés.»

«Je ne sais pas si Mme Delaunay se prend pour Jules César…»

Pour le maire de Bordeaux, l’enjeu du deuxième tour c’est «équilibrer les pouvoirs locaux pour éviter une hégémonie absolue du parti socialiste, ce qui serait surprenant dans la patrie de Montesquieu. Or c’est bien l’objectif de nos adversaires: Mme Delaunay s’est laissée aller à parler d’éradication de l’ilot gaulois de Bordeaux. Je ne sais pas si elle se prend pour Jules César, mais on voit bien qu’elle est prête à tout pour y arriver, y compris à constituer un attelage invraisemblable avec le président de la communauté urbaine de Bordeaux».

Michèle Delaunay, nouvelle ministre des personnes âgées, a pris comme suppléant Vincent Feltesse, qui occuperait le siège de député en cas d’élection. Un moyen pour le président de la CUB de poser un pied dans Bordeaux en vue des élections municipales de 2014. Alain Juppé a dénoncé une «construction psychédélique que d’avoir une candidate ministre qui ne sera pas députée - cela m’a coûté cher en 2007 - et un élu de Blanquefort et président de la CUB qui veut être député de Bordeaux.» Il a par ailleurs accusé cet  «attelage de pratiquer gaiement l’immoralité politique: dans leur fascicule de campagne il est écrit noir sur blanc: «nous abandonnerons tous nos mandats antérieurs». M.Feltesse s’est empressé de dire qu’il resterait élu de Blanquefort pour rester président de la communauté urbaine.»

«Le conseil régional a des moyens importants, il subventionne des entreprises, des universités…»

Cette «volonté d’hégémonie» se «manifeste partout en Aquitaine» accuse l’ancien ministre. «Je pense à Pau: on ne comprendrait pas que l’UMP se retire pour un candidat, François Bayrou, qui a appelé à voter Hollande, mais on ne comprend pas bien pourquoi le PS ne lui renvoie pas l’ascenseur, si ce n’est qu’il supporterait mal de soutenir un député indépendant d’esprit par rapport à la ligne du parti.»

Alain Juppé a également dénoncé «le clientélisme pratiqué par le pouvoir régional et départemental. On sait très bien que ces collectivités ont des moyens de communication sans commune mesure avec le modeste budget de la ville de Bordeaux et financent des publi-reportages. Le Conseil régional a des moyens importants, donc il subventionne des entreprises, mais aussi des universités, Dieu sait combien de fois Alain Rousset a expliqué que l’université, c’est lui. Comme s’il payait les professeurs! Quand on l’écoute le Plan campus c’est lui, les investissements d’avenir c’est lui.»

Municipales: «Pas trop d'excitation de la part de ceux qui veulent tout le gâteau»

Sur la question des municipales, le maire de Bordeaux souhaite «donner quelques conseils à ceux qui se projettent déjà en 2014: 2014 c’est loin, il peut encore se passer beaucoup de choses, et les Bordelais ont l’habitude de ne pas voter aux municipales comme aux législatives. En 2007 je n’ai pas été élu, en 2008 j’ai fait presque 58% au premier tour. Donc pas trop d’excitation prématurée de la part de ceux qui veulent tout le gâteau.»

Mickaël Bosredon
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