Le projet tertiaire de l'aéroport de Bordeaux comprend un hôte de luxe, un palais des Congrès et cinq immeubles de bureaux.
Le projet tertiaire de l'aéroport de Bordeaux comprend un hôte de luxe, un palais des Congrès et cinq immeubles de bureaux.

Elsa Provenzano

En entrée de la zone aéroportuaire, sur sept hectares, un quartier d’affaires baptisé «45e parallèle» comportant des prestations haut de gamme va sortir de terre d’ici 2020. C’est la société Thalium, promoteur d’équipements commerciaux et de bureaux, qui a été retenue comme maître d’ouvrage après un appel à projets lancé par l’aéroport de Bordeaux. Elle a présenté, mercredi, les grandes lignes du programme qui ambitionne de développer un centre d’affaires d’envergure internationale. L’État reste propriétaire du terrain qui est mis à disposition de la société Thalium. Les aménagements, qui s’élèvent dans leur ensemble à 88 millions d’euros, sont à la charge de cette entreprise. L’opération comprend un pôle hôtelier (hôtel quatre étoiles de 154 chambres, restaurant, espace détente, centre de conférence et piscine suspendue reliée à l’hôtel) et un pôle immobilier avec 26.000 m² de bureaux, destinés à accueillir des services tertiaires.

«Un projet très raisonnable»

«Bordeaux, qui arrive au 4e rang des villes de congrès en France, est sous équipée», estime Christian Duclos, PDG de Thalium. Il ajoute que les espaces disponibles dans le quartier Ravezies ont été pourvus et que celui-ci ne représentera pas une concurrence. Un manque de tertiaire neuf se ferait aussi sentir sur la commune de Mérignac. «C’est un projet très raisonnable car tout ne sera pas construit d’emblée, mais en fonction de la commercialisation», précise Pascal Personne, président du directoire de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac. Une très grande chaîne internationale serait déjà intéressée par l’hôtel de luxe. Et de grandes entreprises considèrent l’emplacement comme séduisant. La première tranche comprend la construction de l’hôtel, du palais des congrès, d’un parking et de 4.000 m² de bureaux. Elle sera livrée en 2015/2016 et fera office de premier test pour l’opération.

«Il est important d’avoir un vecteur économique à la recherche du développement de commerces», estime Pascal Personne. Aujourd’hui les surfaces commerciales dans l’enceinte de l’aéroport s’élèvent à 3.000 m². «Les terminaux A et B n’ont pas été conçus dans une dynamique de développement commercial», pointe-t-il. C’est donc le terminal low-cost Billi, mis en service en mai  2010, qui va connaître une extension anticipée dès cet été, alors qu’elle était programmée à l’horizon 2013/2 014. Il faut dire que le terminal connaît déjà des phénomènes de saturations ponctuels sur certaines plages horaires. Les travaux vont être engagés pour ajouter 2.000 m² de commerces aux 4.000 m² déjà existants. «Le centre d’affaires sera une nouvelle vitrine pour l’aéroport. Le projet est rendu possible par une base trafic solide (il va franchir la barre des 5 millions de voyageurs par an aux alentours de 2016) et des bénéfices réalisés, sans l’appui de subventions», souligne le président du directoire de l’aéroport.