Réseau ferré de France réalise d'importants travaux de renouvellement des voies en Aquitaine
Réseau ferré de France réalise d'importants travaux de renouvellement des voies en Aquitaine

Mickaël Bosredon

La nuit, une nouvelle ligne de chemin de fer voit le jour. Réseau ferré de France (RFF) a décidé de réaliser de nuit le gigantesque chantier de renouvellement des voies, usées, entre Montmoreau (Charentes) et Cenon (Gironde), pour perturber le moins possible le trafic sur l’axe des TGV Bordeaux-Paris. D’une longueur de 102 kilomètres, il s’agit du plus grand chantier de renouvellement en France. «Le travail de nuit nous impose de fortes contraintes, explique Pascal Petel, directeur régional adjoint à la direction Aquitaine-Poitou-Charentes de RFF, puisque la plage horaire de travail s’étend de 21h à 6h, mais la durée de travail effective varie entre 4h30 et 6h seulement, selon le temps d’acheminement des engins à l’endroit des travaux.»

Et quels engins. Deux véritables usines sur rail, appelées «trains de suite», d’une longueur de 700 mètres chacun, partent chaque soir de la gare de Coutras où a été aménagée la base travaux, pour avaler entre 800 et 1.000 m de voies par nuit.

 La machine retire le ballast usagé et le trie.

La première machine, la dégarnisseuse, retire le ballast -le gravier qui supporte les voies- usagé sous les traverses, le trie, et redépose la partie encore utilisable, soit environ 30%.

Les ouvriers retirent une partie de la voie pour enlever les chaînes de la dégarnisseuse

Quelques centaines de mètres plus loin, la substituteuse, dans un vacarme assourdissant, écarte les rails usagés, retire les traverses en béton, et avec sa partie arrière met en place les traverses neuves et pose les nouveaux rails.

Les ouvriers déboulonnent les rails pour permettre à la substituteuse de les enlever.

D’une longueur de 400 mètres, les rails ont été acheminés sur place par train spécial, directement à leur sortie d’usine, il y a déjà plusieurs mois. Plus résistants, ils sont censés pouvoir supporter l’augmentation du trafic attendue ces prochaines années.

A 6h, le chantier doit être stoppé pour permettre la circulation des trains

Pour la centaine d’hommes qui manipulent ou travaillent aux côtés de ces monstres mécaniques, chaque geste est millimitré et répond à des procédures pointues. La moindre erreur peut être fatale. En queue de peloton, une équipe est chargée de la soudure des nouveaux rails entre eux, qui s’effectue à une température comprise entre 1 500 et 2.000°C.

Les ouvriers soudent les rails entre eux.

Du nouveau ballast est, enfin, remis sur les voies. Au final, 65 km de rails, 150.000 tonnes de ballast et 170.000 traverses, seront posés d’ici au mois de juin.

A 6h le chantier doit être stoppé pour permettre la circulation des premiers trains de jour. Sur les parties encore en travaux, leur vitesse est ralentie, entre 60 km/h et 180 km/h selon l’état d’achèvement de la voie, au lieu de 220 km/h. «Il faut douze jours pour achever complètement une portion de 1.000 mètres, explique un des chefs de chantier, notamment parce que le nouveau ballast doit être posé en plusieurs fois pour assurer un bon tassement et donc la stabilité de la voie.»

Ce ralentissement des circulations, qui court en permanence sur une dizaine de kilomètres, a pour conséquence un allongement du temps de trajet de quinze minutes, minimum, sur la liaison Bordeaux-Paris actuellement. Un moindre mal, assure RFF.