Une riveraine qui subit des nuisances près de la voie ferrée
Une riveraine qui subit des nuisances près de la voie ferrée

Elsa Provenzano

Deux épines gênent encore Réseau Ferré de France (RFF) sur le projet de suppression du bouchon ferroviaire (doublement des voies entre la gare et Cenon) en prévision de l’arrivée de la LGV Tours-Bordeaux. Deux riverains demandent le rachat de leurs maisons, compte tenues des nuisances. Pour l’instant, les deux dossiers, défendus par plusieurs associations dont « SOS nuisances quatre voies ferrées», patinent.

Le trafic va doubler d’ici 2020

«Je ne pensais pas vivre ça pour ma retraite», soupire Marie-Claire Benessis qui habite à Lormont dans une maison dont le jardin jouxte la voie ferrée Bordeaux-Chartres. «Jusqu’à maintenant 47 trains passent par jour, et ça ne me gêne pas beaucoup», explique cette habitante qui a acheté sa maison en 1978. Or, la suppression du bouchon ferroviaire va porter le nombre de trains transitant quotidiennement à 100 d’ici 2020 et jusqu’à 200 par la suite, selon Réseau Ferré de France (RFF). Elle demande à RFF de racheter sa maison, afin qu’elle puisse trouver un logement équivalent, loin de la voie ferrée. « Le logement a été construit très proche de la voie et acquis alors qu’elle existait déjà. Il n’y a pas de rachat possible mais une proposition de protection de sa maison a été faite avec la pose d’un mur anti bruit de 3,50 mètres», explique Mathieu Barsacq, chef de projet chez RFF. L’association craint, elle, que la partie en plexiglas (les deux tiers du mur) soient rapidement tagés et ne laissent plus passer la lumière. «Plus rien ne va pousser sans lumière et la fenêtre de ma cuisine va donner sur le mur. En plus, rien ne dit que 100% du bruit va être absorbé», s’inquiète la riveraine. «Les murs sont très efficaces, cela fait plus d’une décennie qu’on les pose», assure de son côté Mathieu Barsacq.

« Avant, c’était un quartier pavillonnaire tranquille

L’autre dossier concerne le couple Caravera, âgé d’une cinquantaine d’années et  installé à Cenon. L’ensemble du jardin et des ouvertures de leur maison donnent sur l’ouvrage ferroviaire en construction. Une proposition de rachat a été faite par RFF mais ils l’estiment insuffisante. «On ne retrouvera rien pour ce prix et je dois rester sur Cenon car j’y travaille et je n’ai pas le permis», explique Lydia Caravera. « On a acheté en 1988, c’était un quartier pavillonnaire tranquille et maintenant c’est la misère », se lamente son mari, Manuel Caravera. De son côté Mathieu Barsacq rappelle que le montant a été approuvé par France Domaine (qui dépend du ministère du budget) et qu’il se situe dans les prix du marché. Comme leur maison est située très près du chantier, ils subissent de nombreuses nuisances. « On est debout à 7h même quand  c'est un jour férié et parfois, ils oublient d’arrêter leurs machines. La dernière fois j'ai du aller les voir à 21h30 », explique cet habitant. « Les nuisances des travaux pourraient être évitées s’ils  acceptaient l’offre », souligne Mathieu Barsacq.

Les tours Henri Sellier de Cenon
Une quarantaine d’acquisitions ont été réalisées aux abords du chantier de suppression du bouchon ferroviaire. «Cela s’est passé à l’amiable pour ces cas là», souligne Mathieu Barsacq, chargé de projet chez RFF. Les associations estiment pour leur part qu’il n’y a toujours pas de solution satisfaisante pour les tours Sellier de Cenon, situées près des voies.