Le premier vol de Volotea en France s'est posé à Bordeaux le 25 avril.
Le premier vol de Volotea en France s'est posé à Bordeaux le 25 avril. - S.ORTOLA/20MINUTES

Mickaël Bosredon

Volotea a inaugué son premier vol en France ce mercredi. En provenance de Venise, il s'est posé à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac dans la matinée. La compagnie low-cost  assurera à partir de cette date six vols hebdomadaires vers Venise, et complètera son offre d’ici au mois d’août par six autres destinations, Palerme, Malaga, Ibiza, Toulon, Bastia et Ajaccio. Grâce à ce déploiement, le directeur de l’aéroport de Bordeaux, Pascal Personne, annonce qu’il va «sans doute revoir à la hausse les prévisions de croissance de l’aéroport pour 2012, que nous avions fixée à 8-9%. Je pense maintenant que nous dépasserons les 10%.»

Le bilan du premier trimestre l’incite également à l’optimisme. Avec un trafic en hausse de 10,7% par rapport au premier trimestre 2011, l’aéroport de Bordeaux connaît la deuxième plus forte croissance des grands aéroports régionaux, derrière Marseille (+10,9%), et devant Nantes (+8%), Nice (+2,9%), Toulouse (+2,1%), et Lyon (-1,6%). Le tarmac de Mérignac a surtout connu un mois de mars «exceptionnel» souligne Pascal Personne, avec une croissance de 13,8%. «On observe une hausse chez les compagnies régulières, comme chez les low-cost. Air France a augmenté son trafic de 18% vers Roissy, et KLM a renforcé  sa liaison vers Amsterdam, proposant désormais 23 vols hebdomadaires contre 16 auparavant. Le low-cost, lui, est globalement en hausse de 29,8% sur le premier trimestre, avec des progressions remarquables sur certaines destinations, comme Barcelone (+159%) assurée par Vueling. L’offre tarifaire est évidemment la clé de cette croissance, mais j’avoue que je ne la voyais pas aussi haute. Nous sommes un peu surpris, d’autant qu’elle est très au-dessus de la croissance du PIB de la région.»

Objectif: 5 millions de passagers en 2017

Toute la stratégie de l’aéroport pourrait être revue à l'aune de cette nouvelle donne. Pour éviter la saturation, «nous pourrions anticiper les travaux d’extension de Billi (terminal low-cost inauguré en 2010) de deux ou trois ans, et les démarrer en 2013» annonce Pascal Personne. Air  France prévoit toujours de son côté à Mérignac une base régionale, comme il vient d'en créer à Marseille, Toulouse et Nice. « Elle est toujours à l’étude, et nous espérons qu’elle sera rapidement mise en œuvre, car il y a encore du trafic à prendre sur cet aéroport, et les infrastructures traditionnelles sont elles loin d’être saturées.»

Après avoir franchi la barre des 4 millions de passagers en 2011, grâce à une croissance déjà record de 12,4%, Bordeaux-Mérignac pourrait donc flirter avec les 4,5 millions de passagers à la fin de l’année. «C’est crédible. Le cap que nous nous sommes fixés, est d’atteindre les 5 millions de passagers d’ici à 2017, année de la mise en service de la LGV Bordeaux-Paris, qui devrait nous faire perdre 800.000 passagers annuels. Je pense que nous ne resterons pas sur une croissance à deux chiffres les prochaines années, il y aura à un moment un ralentissement, mais nous sommes sur la bonne voie.»