Plongée au centre du projet de Centre culturel du vin à Bordeaux

2 contributions
Publié le 21 avril 2012.

PATRIMOINE - Le Centre culturel du vin de Bordeaux, souhaité par Alain Juppé, évolue à vitesse grand V. Le projet final est dorénavant quasiment prêt. 20 Minutes en présente les dernières améliorations, ainsi que les toutes nouvelles images de l'édifice...

Le projet de centre culturel et touristique du vin avance. Présenté il y a un an par Alain Juppé, il a subi depuis plusieurs modifications, notamment en ce qui concerne sa structure. L'équipement a été imaginé par une équipe franco-britannique (X-TU et Casson Mann Limited). La scénographie continue elle d’évoluer. Quant au financement, il est en passe d’être bouclé, grâce à des apports de nouveaux mécènes. L’ouverture est toujours prévue fin 2014, dans le quartier du Lac à Bordeaux. Présentation du projet, et de ses toutes récentes évolutions, avec Philippe Massol, directeur du CCTV.

Le projet

«Le projet a pas mal évolué depuis la première présentation, qu’il s’agisse de la structure ou de la scénographie. La structure, qui représente le coût le plus important, est maintenant arrêtée. Grâce à l’intervention de l’architecte des Bâtiments de France, la couleur prendra des teintes dorées et se rapprochera ainsi de la couleur blonde de Bordeaux.

L’autre enjeu, c’est le parcours permanent, avec un plateau de 3.500m2.

 

Nous commençons à voir de plus en plus nettement à quoi cela va ressembler. Nous avons fait refaire aux scénographes la partie concernant le tour du monde des vignobles, car les images fournies ne nous donnaient pas assez l’impression de survoler les vignobles, comme nous le souhaitons. Il faut que le public ait vraiment l’impression d’être dans un hélicoptère.

En ce qui concerne la planète des vins, nous pouvons annoncer qu’il y aura sept globes interactifs, qui montreront où l’on peut trouver chaque cépage à travers le monde, situeront les vignobles classés au patrimoine mondial de l’Unesco

Dans la partie Les métamorphoses du vin, trois espaces très intimes, l’un en inox, l’un en verre et le dernier en bois, le public pourra se pencher à l'intérieur et découvrir à travers des films la façon dont on fabrique les barriques, et il pourra respirer des arômes de bois…

La dimension multi-sensorielle et immersive est primordiale. Ainsi, dans la Galerie des civilisations, qui fait remonter le temps 7.000 ans en arrière, des odeurs seront également diffusées pour permettre au visiteur de se plonger dans chaque époque, l’Antiquité, le Moyen-Age

Dans l’atelier des saveurs, un médiateur réalisera des expériences, dans le but de montrer que chaque personne est unique dans sa relation au vin.

Dans le théâtre des experts, de célèbres vignerons, œnologues, apparaîtront sous forme d’hologrammes grandeur nature pour prodiguer leurs conseils. Enfin, dans la partie La grande saga de Bordeaux, des personnages illustres de la ville seront présentés et l’on expliquera comment Bordeaux a été amené à tenir un rôle essentiel dans le monde du vin. En fin de parcours, un belvédère offrira une vue imprenable sur Bordeaux.

Il y aura en tout presque 150 productions multimedia. Le CCTV sera dans la lignée de ce qui a été fait à l’Historial Charles de Gaulle aux Invalides.»

Le financement

«Nous préparons le conseil municipal du 15 juillet prochain, qui validera l’avant-projet définitif. Nous aurons alors une idée précise du coût, du plan de financement, et du projet final. Pour le financement, nous attendons encore la validation définitive de 12 millions d’euros en provenance de fonds européens. Les indicateurs que nous avons sont bons, mais c’est un dossier compliqué car notre projet dépasse les 50 millions d’euros.

Le conseil régional a lui donné son accord de principe pour 5,5 millions d’euros, qu’il doit voter lors de son assemblée plénière de juin. La ville de Bordeaux (12,5 millions d’euros), la CUB (8,5 millions d’euros), l’Etat (4 millions d’euros) et la CCI (1 million d’euros) ont eux déjà validé leur participation. Le CIVB, enfin, vient de décider d’augmenter sa participation le 16 avril, qui passe de 4,5 millions à 5,5 millions d’euros.

Pour arriver aux 63 millions du projet, il manque donc 15 millions, qui viendront du mécénat. Nous avons déjà 3,1 millions d’euros de contrats signés, de la part du Crédit Agricole, du Domaine Clarence Dillon (société du prince Robert de Luxembourg, propriétaire notamment du château Haut-Brion), de la Maison Joanne (exportateurs de grands crus) de Pierre-Antoine Castéja, et de Vinexpo. Quelque 7 millions d’euros sont en cours de validation et de signature, avec d’autres grands crus de Bordeaux, des négociants ou encore la société Millesima. Il reste encore à trouver 5 millions d’euros. Pour cela, nous multiplions les rendez-vous toutes les semaines, avec tous les acteurs de la filière du vin, les fabricants de barriques, de bouteilles, de liège... Je ne suis pas inquiet.»

Le modèle économique

«Nous avons fixé le ticket d’entrée pour les mécènes à 100.000€. Nous avons volontairement choisi de le placer assez haut, car nous voulons que tous nos mécènes profitent d’une vraie visibilité au CCTV. Dans un deuxième temps l’exploitation du centre se fera par les mécènes, qui seront réunis dans une fondation. Nous avons estimé les coûts d’exploitation à environ 10 millions d’euros, dont 1 million sera assuré par le mécénat, et le reste par la billetterie, les produits dérivés, et les collectivités pour les actions ponctuelles, comme les expositions temporaires.

Ce projet sera certainement celui où la part du mécénat sera la plus importante en France, c’est un vrai projet public/privé. Et lorsqu’on voit la liste des projets qui font appel au mécénat, la cité Hippocrate sur le corps humain à Montpellier, la Cité de la gastronomie sur le marché international de Rungis (Lyon est également sur les rangs, NDLR), ou encore la cité de la langue française près d’Angers, on voit bien que le modèle économique qui est en train de se mettre en œuvre fera de plus en plus appel au mécénat. C’est ce modèle qui sauvera la culture en France, et ce serait une grave erreur que d’y toucher.»

La loi Evin

«Nous l’avons prise en compte bien entendu. Nous sommes vigilants. Comme nous sommes un musée, on peut espérer y échapper.  Mais j’espère surtout que cette loi va évoluer dans le temps, et retirer de son cadre juridique le vin.»

Propos recueillis par Mickaël Bosredon
Mots-clés
Newsletter
BREAKING NEWS

Recevez nos alertes
info en temps réel

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr