A Bordeaux, l'immobilier neuf dans l'inquiétude

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Publié le 12 avril 2012.

MARCHE - Les professionnels dénoncent le prix du foncier en hausse, et l'empilement des réglementations, qui font monter les tarifs des appartements neufs dans l'agglomération bordelaise....

L’année 2 012 sera-t-elle une année noire pour le secteur de l’immobilier neuf ? Elle démarre en tout cas très mal, à en croire les professionnels du secteur en Aquitaine. «Nos ventes ont chuté de près de 60 % au premier trimestre 2 012 » affirme Pascal Bertrand, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) d’Aquitaine. Les raisons sont conjoncturelles, les investisseurs étant traditionnellement dans l’attente d’éventuelles nouvelles mesures fiscales en période électorale, mais la FPI s’inquiète d’un risque de contraction du marché, particulièrement sur la Communauté urbaine de Bordeaux.

«Le prix du foncier, de plus en plus rare donc de plus en plus cher sur la CUB, et l’empilement des réglementations (thermiques, acoustiques…) ont fait augmenter les prix des appartements neufs ces dernières années, qui ont atteint en moyenne 3.600 € du mètre carré en 2011, et jusqu’à 6.000 € dans le centre de Bordeaux. » Des tarifs qui ont pu être absorbés par les investisseurs grâce aux lois de défiscalisation, notamment la loi Scellier, mais pas pour les particuliers cherchant une résidence principale, surtout les primo-accédants. «Plus de 70 % des acquéreurs sont des investisseurs, et même 90 % sur Bordeaux » affirme Pascal Bertrand. Avec la fin de la loi Scellier, prévue à la fin de cette année, et sans autre nouvelle mesure fiscale, Pascal Bertrand est catégorique: «Il faudra faire baisser les prix au m2 à 3.200/3.300€ » pour conserver des acheteurs.

«Les élus ne veulent pas de bâtiment trop haut…»

Comment? La FPI demande des changements rapides de réglementation au niveau national, comme l’exonération de fiscalité pour les propriétaires vendant un terrain à un promoteur, mais aussi des réformes locales. « Nous demandons aux collectivités d’appliquer les plans locaux d’urbanisme (PLU), car 80 % des constructions sur la CUB n’ont qu’un ou deux étages, quand il faudrait faire des résidences de trois ou quatre étages pour densifier et abaisser les prix des appartements. Dans les discours, tout le monde veut densifier, mais dans la réalité, lorsque les permis de construire concernent directement leur commune, les élus ne veulent pas de bâtiment trop haut.»

Xavier Lavigne, responsable d’agence à Bordeaux au sein du groupe Pichet immobilier, reconnaît que certains élus se font parfois «un peu tirer l’oreille» pour construire en verticalité. «On peut aussi les comprendre… On sait également que sur la CUB, on manque de petites surfaces dans les constructions neuves, les élus n’étant pas toujours emballés à l’idée d’avoir des résidences comprenant en majorité des T1 et des T2. C’est pourquoi il est primordial de travailler main dans la main avec les collectivités, pour monter des projets qui répondent aux attentes du marché, et que chacun y trouve son compte. » Pour ce professionnel, il ne faut toutefois surtout pas «virer au pessimisme». «De nouvelles lois fiscales pour les investisseurs, il y en aura. Et même si l’accession à la propriété est difficile pour les primo-accédants, le neuf reste un bon investissement, notamment grâce au prêt à taux 0 PTZ+, et à condition d’accepter, pour démarrer, de se loger dans une plus petite surface que ce que l’on a en tant que locataire, dans le but de revendre quelques années plus tard et de racheter plus grand.»

Mickaël Bosredon
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