Saisie record de cannabis et d'héroïne par la sûreté de Bordeaux

FAITS-DIVERS Une opération conjointe menée à Bordeaux, Montpellier, Angoulême et Poitiers a permis le démantèlement d'un important trafic de stupéfiants. 526 kilos de résine de cannabis et 7 kilos d'héroïne ont été saisis...

Mickaël Bosredon

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Présentation de la saisie record de cannabis et d'héroïne à la sûreté départementale de Bordeaux le 5 mars 2012

Présentation de la saisie record de cannabis et d'héroïne à la sûreté départementale de Bordeaux le 5 mars 2012 — S.ORTOLA/20MINUTES

Des personnages de «très, très haut niveau». La sûreté départementale de Bordeaux, dans une opération conjointe avec celles de Montpellier, Angoulême et Poitiers, vient de démanteler un important réseau de trafic de stupéfiants. Dans la nuit du 29 février, elles ont procédé à l’interpellation de dix-sept personnes dans ces quatre villes, et saisi 526 kilos de résine de cannabis et 7 kilos d’héroïne. Un record pour la sûreté départementale de Bordeaux. Valeur de la prise: 1,5 million d’euros pour le cannabis, et 175 000 euros pour l’héroïne. Ont également été saisis six véhicules et 9000 euros. Une dix-huitième personne, «et non des moindres» souligne le chef de la sûreté départementale de Bordeaux, le commissaire-divisionnaire Bernard Le Hir, a été interpellée dimanche 4 mars au petit matin à Bordeaux.

Neuf des personnes impliquées ont été déférées lundi 5 mars, «et devraient vraisemblablement être mises en examen puis incarcérées dans différentes maisons d’arrêt», selon le Directeur départemental de la sécurité publique de la Gironde Pierre-Marie Bourniquel. Les autres ont été relâchées et «seront entendues ultérieurement».  «Il y a peut-être d’autres personnes que l’on n’a pas encore récupérées dans cette affaire, nous allons continuer de travailler» a également indiqué le DDSP.

Une enquête commencée il y a un an

Le «travail» a débuté il y a un an, «suite à une autre affaire de stupéfiants à Bordeaux, mais sans lien avec celle-ci» explique  Bernard Le Hir. Un réseau de surveillance coordonné entre les différentes sûretés départementales se met en place. Il se concentre sur «trois frères, âgés d’une quarantaine d’années, et déjà connu de nos services pour des affaires de stupéfiants.» Chacun «a un rôle précis dans l’organisation», détaille le chef de la sûreté départementale, mais deux d’entre eux semblent être les cerveaux de l’opération: celui basé à Bordeaux est chargé de collecter les fonds, celui domicilié à Poitiers mais originaire de Montpellier s’occupe de faire remonter la résine de cannabis depuis le Maroc. «Montpellier est  la porte d’entrée» pour la drogue, qui est ensuite dispatchée sur le réseau méditerranéen, puis remonte vers Bordeaux et le Poitou-Charente.

«Surprises par notre opération»

C’est à Montpellier que les choses s’accélèrent le 28 février. «Les enquêteurs sur place ont repéré un véhicule en train de livrer un ballot dans un quartier de la ville. Ils ont mené de premières perquisitions dans les parties communes de l’immeuble, puis dans certains appartements, qui n’ont rien donné. Ils ont maintenu leur dispositif et ont identifié le lendemain un fourgon qui leur semblait intéressant, dans lequel ils ont trouvé l’essentiel des 258 kilos de résine qui seront saisis sur place.» La sûreté de Bordeaux, qui coordonne les opérations, ordonne alors aux autres sûretés de « taper sur les autres endroits» qui faisaient aussi l’objet de surveillance. Une quarantaine de policiers interviennent simultanément. 268 kilos de résine et un peu mois de 7 kilos d’héroïne sont trouvés à Angoulême, et 300 grammes d’héroïne à Poitiers.

«Extrêmement méfiantes et très discrètes, les personnes interpellées ont été très surprises par notre opération» assure Pierre-Marie Bourniquel. «Elles disposaient de matériel de brouillage de communication que l’on retrouve généralement chez les Etarras.» Pour le moment, les personnes déférées «ne disent pas grand-chose. Certaines ne parleront pas, mais d’autres parleront.»