Le service des TER se dégrade, la région accuse la SNCF de mauvaise gestion

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Publié le 13 février 2012.

TRAIN - Rien ne va plus entre la région, autorité organisatrice des TER, et l'opérateur SNCF. Beaucoup de retards ont été enregistrés en janvier et les usagers sont à bout. La région veut mettre la pression sur son délégataire et pense à un recours en justice...

La région estime avoir assez attendu. D’ailleurs, Alain Rousset, président de la région Aquitaine, a d’ores et déjà annoncé, lundi, qu’il espérait peu de la réunion du comité de pilotage prévu le 20 février prochain avec la SNCF. Deux options sont examinées : saisir le juge administratif pour voir si la convention d’exploitation, qui court jusqu’en 2018, peut être valablement remise en cause et, le non-versement d’une partie des fonds de la région à l’opérateur pour service non-fait. La somme serait alors dirigée vers la caisse des dépôts. «Nous envisageons une réponse graduée mais je n’exclus rien. Notre capacité de résistance est dépassée», a estimé Alain Rousset.

Un service dégradé…

Il y a six mois, les élus régionaux ont remis à la SNCF un plan de progrès avec des mesures concrètes pour améliorer la ponctualité sur le réseau TER. «Tout ce travail est rentré dans le sable. La SNCF ne se comporte pas comme une entreprise responsable», peste Alain Rousset. Et, les travaux en cours sur le réseau en prévision de l’arrivée de la LGV ne suffisent pas, selon la région, à expliquer les retards répétés, l’absence de personnel et les problèmes de maintenance. «Seuls 25% des dysfonctionnements peuvent être imputés aux travaux», estime Bernard Uthurry, premier vice-président des Infrastructures à la région. De son côté, la SNCF n’a pas souhaité répondre à notre sollicitation.

… et coûteux

 La région investit 180 millions d’euros par an pour les TER, dont 35 à 40 millions pour la maintenance sur laquelle elle n’a pas la main. «Or, 20% de notre parc, soit 20 rames sont arrêtées pour entretien actuellement. Cela représente 120 millions d’euros de capital immobilisés, ce qui est intolérable aux yeux de la région», pointe Patrick du Fau de Lamothe, conseiller régional en charge des TER.

La priorité donnée aux TGV

95% de ponctualité pour les TGV quant seuls 74% des TER de la ligne Bordeaux-Langon-Agen, une des plus impactée du réseau, partent à l’heure. «Tous les matins, il y a 20 minutes de retard sur la ligne, dans le sens Agen-Bordeaux», témoigne Françoise Leclerc, présidente de l’association des usagers des transports publics du Sud-Gironde.  De même la région s’interroge «pourquoi les TGV sont dépannés rapidement alors que les TER sont immobilisés?» Patrick du Fau de Lamothe parle de «schizophrénie» à ce sujet et rappelle que les TER doivent assurer «un service public auprès des usagers».

D’ici avril, un audit financier et d’exploitation sur la convention va être demandé par la région et durer deux ans. Il s’agit, en clair, d’évaluer la bonne utilisation par la SNCF des fonds versées par la région. Alain Rousset a appelé de ses vœux une accélération de l’ouverture à la concurrence.

Elsa Provenzano
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