De plus en plus de jeunes recueillis dans les centres d'hébergement d'urgence à Bordeaux

SOCIAL Avec l'activation du niveau 2 du plan Grand Froid, les centres d'accueil se renforcent...

Mickaël Bosredon

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En haut, le centre Tregey, en bas le gymnase de Cenon, qui vient d'ouvrir.

En haut, le centre Tregey, en bas le gymnase de Cenon, qui vient d'ouvrir. — S.ORTOLA/20MINUTESS.ORTOLA/20MINUTES

Depuis l'activation mercredi du niveau 2 du plan Grand Froid par la préfecture, une soixantaine de places d'hébergement d'urgence supplémentaires ont été ouvertes à Cenon. Et les structures d'accueil de nuit situées sur la CUB restent ouvertes le jour.

« Beaucoup de nos usagers ont des activités, ou des démarches à effectuer, et continuent à ne venir que le soir » précise Emilie Muscatelli, qui s'occupe de l'accueil au centre Tregey, dans le quartier de La Bastide.

Appel aux propriétaires privés


Avec soixante personnes accueillies, le centre est plein depuis janvier. « La demande augmente chaque année, et nous n'avons jamais accueilli autant de jeunes », analyse Philippe Rix, le directeur du centre, mis à disposition par la région, et géré par l'association protestante du diaconat de Bordeaux. La moyenne d'âge du centre est de 35 ans. « Le plus jeune a 18 ans, la plus ancienne 65 ans. »

« Beaucoup de moins de 25 ans, qui n'ont pas droit aux minima sociaux, se retrouvent dans une galère sans nom, poursuit Emilie Muscatelli, pour eux le problème d'accessibilité au logement sur la CUB est un vrai souci. »


Alexandre a 23 ans. Après avoir travaillé plusieurs années en tant que couvreur, il a été licencié économique. A Bordeaux, il « ne trouve rien. » Ses parents divorcés ayant quitté la région, il n'a généralement pas d'autre solution que de venir au centre Tregey. « Depuis trois ou quatre ans, le profil des sans-logis a radicalement changé », explique Paule Lagrasta, directrice du département de cohésion sociale à la préfecture, qui finance ces structures. « Le nombre de SDF à Bordeaux reste stable, aux alentours des 200, en revanche nous avons 3 000 appels à l'année de personnes, ou de familles, en situation de rupture sociale. » Le double d'avant 2008. « Et quand il faut accueillir ces personnes, le mélange des populations s'avère difficile à gérer. »


Roland Le Coq, président du diaconat, réitère son appel aux propriétaires privés de petits logements vides, à les mettre à disposition des associations. « A condition que le prix reste raisonnable, nous garantissons les loyers » rappelle-t-il.

L'ouverture du gymnase de Cenon sans doute prolongée lundi

Surprise en 2010 par l'arrivée brutale de l'hiver, la préfecture a pris les devants. Dès novembre, elle a activé le plan hivernal, ouvrant les premières structures d'accueil de nuit. Le dispositif est monté en puissance, et les 212 places sont occupées « à 95 % ». Depuis mercredi la ville de Cenon a mis à disposition un gymnase, au Rocher de Palmer, et ajouté une vingtaine de lits au centre de l'ancienne polyclinique.


Pour son premier soir d'ouverture, le gymnase accueillait une vingtaine de personnes. Des profils très différents : une jeune femme originaire d'Europe de l'Est, des travailleurs précaires qui n'arrivaient pas à se loger et dormaient jusqu'ici dans leur voiture, des SDF qui n'ont pas trouvé de place ailleurs. Ou refusent d'aller dans d'autres centres. « Avec le bouche-à-oreille, nous aurons rapidement davantage de monde » anticipent les agents de la sécurité civile de permanence mercredi. « Le dispositif est censé durer jusqu'à lundi, mais il sera sans doute prolongé. »

Parcours

Redirigé par le 115, le public accueilli au centre Tregey doit prendre l'engagement de rester une dizaine de nuits. « Cela permet de leur affecter un référent, qui établit un diagnostic social, et balise un parcours pour leur permettre de sortir progressivement de leur situation », explique Philippe Rix. Un procédé qui semble efficace.

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