«Ce sont des centaines de milliers d'hectares qui vont disparaître d'ici 2 040 », annonce Renaud Lagrave président du GIP Littoral (Groupement d'intérêt public). Cet organisme a confié au Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) et à l'office nationale des forêts (ONF) le soin de conduire une étude afin de gérer au mieux le trait de côte d'ici 2040. « Sur les zones amenées à disparaître, on compte 50 % de forêts, 30 % d'espaces naturels et 20 % d'habitations et de bâtis», précise Renaud lagrave.
Un réensablage coûteux à Soulac
Parmi les zones les plus touchées figure la commune de Soulac-sur-mer, dans le Médoc. On y a constaté jusqu'à 6 mètres de retrait en une année, lorsque des tempêtes et de grandes marées surviennent. Situation la plus urgente à ce jour : la résidence Le Signal à Soulac. Construite derrière une dune à la fin des années 1960, elle était alors à 200 mètres de la plage. Aujourd'hui, à peine une vingtaine de mètres sépare les 80 logements des flots… Très peu d'habitants y vivent à l'année. « A chaque marée, il faut réensabler pour protéger la résidence, cela coûte environ 100 000 € », explique Frédéric Boudeau, directeur général des services de la Communauté de communes de la Pointe du Médoc. Il estime le déficit de sable par an à 500 000 m³ sur la Pointe du Médoc. D'ici la fin de l'année, le coût de la lutte contre l'érosion marine sera connu. Mais c'est surtout le financement qui préoccupe Frédéric Boudeau : « avant la présence de l'avant-port de Bordeaux poussait l'Etat à financer. Là on ne sait pas qui va lui succéder ». Si les moyens de lutte doux, comme l'ensablage, et ceux plus radicaux comme les digues ou épis sont déjà en cours, « il faut aussi réfléchir à relocaliser les activités économiques et les habitations, ainsi qu'aux indemnisations possibles », souligne le président du GIP.
En Aquitaine, l'érosion est supérieure à un mètre par an sur 60 kilomètres de la côte sableuse du littoral. En moyenne, la côte rocheuse de la région recule de 20 centimètres par an. Les zones les plus touchées, notamment les baies, représentent environ 15 % du littoral aquitain.