L'une des membres de Cauri, hier.
L'une des membres de Cauri, hier. - S. ORTOLA / 20 MINUTES

Un cas difficile à trancher pour le tribunal de grande instance de Bordeaux. Le médecin rwandais Sosthène Munyemana, urgentiste à l'hôpital de Villeneuve-sur-Lot et génocidaire présumé, attaquait l'association Cauri pour atteinte à la présomption d'innocence.

Condamné deux fois au Rwanda
Alors qu'une information judiciaire est en cours afin de déterminer son implication dans le génocide des Tutsis, l'association Cauri veut faire entendre la voix des victimes. En janvier 2010, plusieurs de ses membres avaient manifesté devant le lieu de travail du médecin, brandissant des banderoles au contenu explicite (« pas d'asile pour les génocidaires »). Depuis son arrivée en France fin 1994, Sosthène Munyemana nie avoir pris part aux massacres. « Il a été condamné deux fois par des tribunaux populaires rwandais, reconnus par le tribunal pénal international », rétorque Benoît Le Moine, de l'association Survie. « L'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRAH) lui a aussi refusé le droit d'asile, à cause de son passé ». Au regard de ces éléments, « la présomption d'innocence ne tient pas », estime l'avocat de la défense, Paul Cesso. Il met en cause l'inertie de la justice française : « des plaintes ont été déposées contre lui il y a 15 ans et la France ne l'a toujours pas jugé. » Sosthène Munyemana n'était pas présent à l'audience. Son avocat a plaidé la nullité des tribunaux rwandais, « qui ne respectent pas la défense ». Le délibéré sera rendu mi-novembre.

droit

« La présomption d'innocence est toujours supérieure à la liberté d'expression », a rappelé hier en préambule le président du tribunal Olivier Joulin. Reste à savoir si les juges retiendront ou non les condamnations qui pèsent sur lui au Rwanda.

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