120 familles de gens du voyage, des commerçants pour la plupart, sont réunies sur le domaine du Pinsan.
120 familles de gens du voyage, des commerçants pour la plupart, sont réunies sur le domaine du Pinsan. - S. ORTOLA / 20 MINUTES

ELSA PROVENZANO

Le ton monte entre les autorités et les gens du voyage installés sur le domaine du Pinsan à Eysines. Hier matin, les occupants illégaux ont été mis en demeure par la préfecture d'évacuer le stade municipal. Ils ont 48 heures pour faire appel. Depuis dimanche dernier, le terrain de football de la ville ressemble à un parking géant. 500 à 600 personnes de la communauté des gens du voyage y ont élu domicile, estimant que l'aire de grand accueil de Tourville à Bordeaux-Lac, aménagée pour les recevoir, était polluée et non adaptée.

Un sous-sol pollué ?
« On ne peut pas s'y installer avec nos enfants car l'aire de Tourville est polluée, il y a des déchets hospitaliers, du plomb et des hydrocarbures dans le sol, » s'indigne Franck Couchevellou, vice-président de l'association La vie du voyage. L'été dernier, des prélèvements attestant cette pollution auraient été faits par un huissier, Maître Henri Dubois, qui n'était pas joignable hier. L'avocat de l'association, Maître Pierre Blazy, confirme un constat de pollution l'an dernier : « La mairie de Bordeaux avait capitulé et accepté qu'ils s'installent sur un autre terrain. » Depuis, le vice-président de l'association concède que des efforts ont été faits par la CUB pour assainir le terrain, mais il les juge insuffisants. La communauté d'agglomération assure de son côté que « 30 cm de terre végétale ont été disposés sur l'ensemble des 4 hectares du terrain et qu'il n'existe aucun problème de pollution à l'heure actuelle. » Pour elle, il s'agit certes de sols urbains ayant connu des activités industrielles mais toutes les procédures ont été respectées pour effectuer les travaux qui ont coûté 700 000 €. Reste que l'aire de Tourville se révèle très peu attractive. Depuis son ouverture au printemps dernier, cinq groupes de gens du voyage n'ont pas voulu de cette aire.

« Un lieu décent »

Cette année, si les choses s'enveniment avec les autorités publiques, l'association la vie du voyage souhaite demander à la DDASS de prélever et d'analyser la terre de l'aire de Tourville. « Nous voulons juste un endroit propre et décent » explique le vice-président, Franck Couchevellou.