lutter contre la récidive

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Publié le 14 avril 2011.

justice Le difficile parcours de réinsertion des délinquants sexuels auprès des différents acteurs

Douze hommes, tous délinquants sexuels, âgés de 28 à 70 ans effectuent un retour sur les actes qu'ils ont commis. Frédéric Chaubenit, conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation à Bordeaux oriente les discussions. L'expérience a débuté en juin dernier et les réunions du premier groupe ont pris fin en février: « Nous avions choisi des personnes ayant été condamnées pour viol ou agression sexuelle sur mineurs de moins de quinze ans. La première étape consistait en la description par chacun des faits commis. Ce ne fut pas chose facile car on touche au domaine de l'intimité » précise Frédéric Chaubenit qui évoque quelques-uns des autres thèmes, points de départ de réflexions communes : « le rappel à la loi dont le cadre était ignoré de beaucoup, la victime... ».

Prévenir la récidive
Une initiative pour laquelle le Service Pénitentiaire d'Insertion et de Probation de la Gironde est précurseur et qui s'inscrit en complément du suivi individuel des délinquants sexuels: « La parole des autres a une portée différente de celle des personnels de la justice. Certains sont sortis de ces séances en nous indiquant qu'ils avaient découvert que tous les autres n'étaient pas des monstres » poursuit le conseiller qui rappelle que le rôle de l'institution, avec ses 30 agents suivant 3800 condamnés en Gironde (dont des délinquants sexuels) est de « prévenir la récidive ». Au centre de ressources d'information et de soutien de l'hôpital psychiatrique Charles Perrens, l'équipe du docteur Cochez suit actuellement 50 délinquants sexuels. « La palette va de l'exhibitionisme au viol » explique le praticien qui témoigne de la délicate mission qui est la sienne: « Il arrive qu'une personne vienne se confier à nous. Nous pouvons prévenir le médecin coordonnateur qui est le lien avec la justice mais nous nous retrouvons entre la déontologie et le code pénal ». Les liens existent entre les différentes institutions mais jamais sur un dossier particulier, secret médical oblige. Le docteur Cochez prône par ailleurs la réaction immédiate au refus de suivre les injonctions de soins: « J'explique au juge qu'un retour de deux jours en prison peut suffire ».

eric bordage
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