Via des encoches de couleur, l'application permet de visualiser nos risques.
Via des encoches de couleur, l'application permet de visualiser nos risques.

Orianne Dupont

Se promener avec son patrimoine génétique en poche. C'est l'idée trop innovante qu'a eue Patrick Mérel, un biologiste moléculaire de la plateforme d'innovation Biomédicale du CHU de Bordeaux. « Avec d'autres biologistes, nous avons créé un logiciel qui trie toute l'information concernant notre patrimoine génétique et en ressort ce qui a un impact direct sur notre santé ».

« C'est comme connaître son poids »
Son logiciel développé sur plateformes mobiles (iPhone et iPad) indique de manière lisible quels sont nos risques de contracter une maladie, nous donne les coordonnées des médecins les plus proches, un accès à des forums, des informations sur les maladie et émet des alertes pour aller effectuer un examen médical. Il s'agit également d'une base de données à soumettre à son médecin. L'outil est pourtant jugé trop révolutionnaire. « J'envisageais de créer ma société à Bordeaux, mais je n'ai obtenu aucune aide, mon projet est jugé bioéthiquement incorrect », explique le médecin. Portable Genomics a donc vu le jour à San Diego. L'application ne propose pourtant pas de tests génétiques, elle analyse les tests effectués par des sociétés privées. Mais la loi de bioéthique française n'autorise ces tests que dans le cadre de la justice, de la médecine, et de la recherche. Aux Etats-Unis pour 20 000 dollars, il est possible de connaître tout son patrimoine génétique et les risques pour sa santé sur une initiative personnelle. A ce jour, 200 000 personnes connaîtraient une partie de leur génome. « On peut savoir si on est porteur de maladies génétiques, si l'on peut développer un cancer ou un diabète, détaille-t-il, ces informations nous appartiennent, c'est comme connaître son poids ». Pour Pierre Dos Santos, le directeur de la plateforme, il s'agit de « la médecine de l'avenir, qui amènerait à des actions préventives sur la santé ». « Le projet est un peu en avance, mais quand on connaîtra mieux le génome, on pourra utiliser ces données avec les précautions et la réglementation nécessaires. »

formation

Si la société de Patrick Mérel quitte Bordeaux, son application pourrait être utilisée à la fac de médecine en tant qu'outil d'enseignement. L'idée est en discussion. Les étudiants de deuxième année pourraient faire un test génétique afin d'avoir une base de données pour travailler. Des données qui seraient observées tout au long de leur formation.