La justice bordelaise placée en première ligne

Affaire Woerth-Bettencourt La Cour de cassation a dépaysé la totalité des dossiers

Éric bordage

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Le tribunal de grande instance de Bordeaux a hérité de l'affaire Woerth-Bettencourt le 17 novembre 2010.

Le tribunal de grande instance de Bordeaux a hérité de l'affaire Woerth-Bettencourt le 17 novembre 2010. — S. Pouzet/20 minutes

« Ça peut apaiser le climat. Je constate qu'à Paris, le parquet et l'avocat de Mme Bettencourt ont tout fait pour ralentir la justice depuis le début… » C'est ainsi que Me Metzner, commentait hier le dépaysement de la totalité du dossier à tiroirs de l'affaire Woerth-Bettencourt de Nanterre à Bordeaux, décidé mercredi par la Cour de cassation. Le défenseur de Françoise Bettencourt-Meyers, fille de la milliardaire, souhaitait toutefois que ce transfert ne « retarde pas trop le jugement sur l'abus de faiblesse concernant Liliane Bettencourt, espéré initialement début 2011 ». L'avocat estime que la décision pourrait être retardée de quelques mois. Au même moment, la juge des tutelles de Courbevoie annonçait mercredi que la demande de mise sous protection de l'héritière de L'Oréal, âgée de 88 ans, est « recevable ».

Attente et prudence
L'avocat de Liliane Bettencourt, Me Georges Kiejman, se déclarait hier satisfait de cet atterrissage à Bordeaux : « Ce procès ne pouvait pas avoir lieu à Nanterre. L'actuel président de la Cour de cassation est passé par Bordeaux. J'ai moi-même déjà plaidé dans cette ville et j'y ai des amis. »
Sur place, après la surprise affichée mercredi soir par les magistrats, l'attente et la prudence étaient de mise hier dans les couloirs du tribunal de grande instance de Bordeaux. « Je pense qu'il y a dans cette décision un désir d'éloignement de Paris. Bordeaux est une juridiction à même de traiter ce type d'affaires dès lors qu'il existe ici un pôle économique et financier et une juridiction interrégionale spécialisée », indiquait Olivier de Blay, de l'Union des syndicats de magistrats. Même prudence chez Olivier Joulin, du Syndicat national de la magistrature : « C'est une bonne chose pour Bordeaux. La juridiction a fait ses preuves en matière d'impartialité. La compétence des magistrats n'y est plus à faire dans une ville qui accueille l'Ecole nationale de la magistrature ».

état des lieux

Le tribunal de grande instance de Bordeaux compte 13 juges d'instruction dont trois à la juridiction interrégionale spécialisée chargée des affaires les plus complexes.Le tribunal correctionnel compte trois chambres dont une intervenant sur le secteur économique et financier. Cinq magistrats instructeurs travaillent au pôle économique et financier. Certains d'entre eux devraient être rapidement fixés sur leur saisine dans l'un des aspects du dossier Bettencourt.

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