Mettre fin à deux siècles d'incertitude. C'est l'objectif des archéologues qui fouillent actuellement les alentours du Palais Gallien. « Nous savons que cet amphithéâtre a été construit entre la fin du Ier siècle et la fin du IIIe, mais quand ? C'est important de le découvrir pour comprendre la structure et pouvoir la présenter », explique Pierre Regaldo du service archéologique de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). Ce chantier de fouilles émoustille les archéologues car « c'est le plus vieux témoin construit à Bordeaux, précise David Hourcade, le responsable du chantier. Et surtout, le seul monument visible de cette période. » « C'est une opportunité et une chance extraordinaire d'être là, à titre personnel et scientifique », ajoute-t-il. D'autant que, fait assez rare, cette fouille est programmée. C'est-à-dire qu'elle n'est pas réalisée dans le cadre d'aménagements urbains comme les fouilles préventives, mais uniquement pour des besoins scientifiques, grâce à la volonté de la mairie, de la Drac et l'institut de recherche Ausonius. « Pour les fouilles préventives, on va à l'essentiel, on passe trois mois là où il faudrait passer trois ans, et au final, ce que l'on trouve est détruit ; ici, personne ne viendra construire », indique David Hourcade.
En Aquitaine, les fouilles programmées ne représentent qu'un petit tiers des 140 chantiers annuels. Pourtant, la région est bien pourvue en sites romains ou préhistoriques comme dans les Pyrénées-Atlantiques, dans les grottes d'Isturitz où a été découvert le premier peuplement d'Homo Sapiens en Aquitaine.O. D.
« Aquitaine préhistorique, 20 ans de découvertes archéologiques » retrace les recherches et les découvertes de fouilles, depuis 1990. Elle met en lumière plus de 2 000 objets issus de fouilles programmées et préventives et datant du paléolithique ancien (- 300 000 ans avant J. -C.) à la fin de l'âge du bronze (- 800 ans avant J. -C.). Jusqu'au 2 janvier au Musée d'Aquitaine.