« des enfants poussés à la haine raciale »

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Publié le 22 avril 2010.

Médias Les parents d'élèves de l'école catholique Saint-Projet portent plainte contre « Les Infiltrés »

Après avoir suscité la polémique en dénonçant des pédophiles à la police, l'émission de France 2 « Les Infiltrés » met en émoi le milieu des catholiques traditionalistes bordelais. L'enquête qui doit être diffusée le 27 avril prochain est consacrée au groupe d'extrême droite Dies Irae, mais les journalistes de l'agence Capa ont également élargi leur propos à l'Eglise Saint-Eloi et à l'école Saint-Projet. Un passage de l'émission a particulièrement indigné les parents d'élèves de cette école privée hors contrat : selon Solange Doumic, avocate d'une quinzaine de familles, on y voit des enfants de 12 ans filmés en caméra cachée entonner un chant antisémite après s'être dits « fachos ».

« La taupe de Pujadas »
« Le journaliste qui a réalisé le reportage et qui se fait appeler Mathieu Maye s'est fait passer pour un éducateur, et il a fait tenir à ces enfants des propos insupportables, dénonce l'avocate. Les parents n'auraient jamais supporté que des propos pareils soient tenus dans leur famille. » Maître Doumic a donc déposé plainte, vendredi dernier, auprès du procureur de la République de Bordeaux contre le journaliste et ses « éventuels complices » (France 2 et Capa) pour incitation à la haine raciale. Sur le site Riposte-catholique, un père de famille de Saint-Projet dont le nom n'est pas cité va plus loin en affirmant : « Nous irons jusqu'au bout. Jusqu'à ce que ce manipulateur, ce faiseur d'attouchements politiques sur des enfants soit mis hors d'état de nuire. » Plusieurs sites et blogs catholiques s'indignent des méthodes et des propos de l'émission et publient une photo du journaliste qui a réalisé le reportage. L'hebdomadaire Minute lui consacre une enquête en une cette semaine. Sa photo apparaît surmontée de l'inscription « C'est la taupe de Pujadas ». L'abbé Laguérie, le prêtre de Saint-Eloi filmé en chaire, a demandé à ne pas apparaître dans le reportage. Tout comme Fabrice Sorlin, le fondateur de Dies Irae, qui dénonce sur son site Internet un « montage réalisé avec des méthodes dignes des pays totalitaires ».

Stéphanie Lacaze
Dies Irae

Dies Irae, qui se présente comme un « mouvement politique et social d'implantation locale », a été fondé en 2008 par Fabrice Sorlin, un ancien militant du Front national. Le groupe revendique aujourd'hui 150 membres à Bordeaux. Dies Irae, qui dispose d'un terrain à proximité de Bordeaux, annonce y organiser des rencontres « sportives et ludiques ». Pour les journalistes de l'agence Capa qui ont infiltré le mouvement, il s'agit en réalité d'un site d'entraînement paramilitaire.

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